[Baisers d’outre-tombe] 5 : Touche à tout

[Baisers d'outre-tombe] 4 : Ombres et Lumières
[Baisers d'outre-tombe] 6 : D'or et d'argent

Un regard et tout disparu, les sables du temps cessèrent leur chute éternelle. Juste deux paires d’yeux qui se fixent, inscrivant cette scène au plus profond de leur mémoire. Xyrus se noya dans ces deux prunelles aux couleurs d’un jour de pluie anglais. Son coeur avait arrêté de battre, figé comme le reste de son être, seul son cerveau réagissait encore. La peur dans ces yeux si gris et cette petite étincelle, un espoir si infime mais si puissant.


Les cheveux défaits d’Allya virevoltaient derrière elle comme la queue d’une comète, une étoile filante qui traversait l’espace. Il entoura son poignet de ses doigts et serra de toutes ses forces.

Il sentit tout d’abord la douce chaleur qui émanait d’elle, bien loin de la froideur supposée des fantômes, apaisante et rassurante. Puis la douceur de sa peau, il n’avait jamais touché de soie mais supposa que la sensation devait être semblable. Enfin il sentit de la résistance, elle était là, sous ses doigts, matérielle.

La gravité l’entraîna vers le fond et elle déstabilisa Xyrus dans sa chute, il mit un genou à terre, puis le second mais ne la lâcha pas. Allya pivota et alla percuter violemment la paroi, mais il la tenait. Elle leva les yeux vers lui, pleurant de douleur et de joie. Xyrus fit fi de sa propre douleur et la remonta jusqu’à lui.

Allya jeta un rapide coup d’oeil vers les créatures de l’autre côté puis vers la mort qu’elle venait d’éviter. Incroyable… Le temps n’était pas aux considérations car les ombres passaient au-dessus de l’obstacle via les murs et le plafond. Xyrus lui saisit une nouvelle fois le poignet, sans réfléchir, et l’entraîna vers la porte.

Il essaya de la refermer mais elle était très lourde et il ne parvint même pas à la faire bouger. Il farfouilla un peu partout autour pour trouver de quoi bloquer l’ouverture mais les cailloux à terre étaient trop petits quand brusquement la porte se referma toute seule.

Xyrus se retourna et vit Allya souriante, la main posée sur un mécanisme ancien.

« Je peux toucher des choses ! Je peux pousser des choses ! » Sa joie était proche de l’hystérie mais qu’importe, elle touchait à tout, elle laissait glisser ses doigts sur les murs, grattait la mousse, tapotait tous les symboles et recommençait. Il ne put s’empêcher de rire avec elle puis il se rapprocha et elle lui sauta dans les bras. Il ne la traversa point mais au contraire la sentit pleine et entière dans ses bras. Ils restèrent quelques instants comme cela, elle le visage plongé dans son cou et lui caressant ses longs cheveux soyeux.

Allya soupira de plaisir puis se rendit compte que sa mère, ou plutôt ses instructeurs ne l’avaient pas élevée de la sorte.

Elle se redressa et s’écarta précipitamment de lui, les joues rougies.

« Je suis désolée, ce n’était pas convenable de ma part.

-C’était juste un câlin, pas de quoi rougir.

-Non vraiment, une femme ne doit pas se conduire de la sorte, surtout avec un homme. »

Xyrus soupira, il avait oublié qu’elle avait vécu à une époque où les femmes restaient enfermées dans leur gynécée toute la journée et passaient de l’autorité de leur père à celle de leur mari.

« Tu vas voir le vingt-et-unième siècle c’est cool, les filles peuvent faire un ou deux trucs maintenant… » Il continua à se moquer gentiment en lui expliquant qu’à présent ils étaient tous les deux sur un pied d’égalité et en lui récitant quelques passages choisis de l’histoire du monde. Ils parcoururent ainsi un long et sinueux couloir qui plongeait dans les entrailles de la Terre. Les ombres ne semblaient pas avoir pu franchir la porte ce qui était une bonne chose mais ils s’éloignaient de la surface, ce qui l’était moins.

Enfin ils arrivèrent en haut d’un escalier qui descendait le long de la paroi rocheuse d’une veste pièce. Comme la précédente, des roches éclairaient l’endroit mais ce qui les frappa ce fut la multitude d’objets entassés en bas. Tout d’or, d’argent et de pierreries, du coffre de pièce à la statue de plusieurs mètres de haut, le résultat de siècles de guerres et de pillages.

« Sacré trésor, commenta Xyrus, les templiers n’auraient pas fait mieux. »

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