[Baisers d’outre-tombe] 7 : Les liens du sang

[Baisers d'outre-tombe] 6 : D'or et d'argent
[Baisers d'outre-tombe] 8 : Le vrai début de l'aventure

Je ne la sens pas cette affaire », murmura Xyrus alors que le couvercle du cercueil tombait à terre avec un bruit sourd. Les deux adolescents se collèrent contre la paroi et cessèrent de respirer. Le cadavre de Pélos s’agrippa aux rebords et se dressa hors de son cercueil. Son corps momifié reprenait peu à peu sa forme originelle mais pour l’instant il émanait de lui une fumée grisâtre et une odeur de pourriture pestilentielle, fruit de milliers d’années enfermé. Il respira profondément et observa la salle d’un regard circulaire. Il s’arrêta face aux deux adolescents et les toisa de toute sa hauteur.


Allya eut la brillante idée de s’incliner profondément et murmura à Xyrus de faire de même.

-Et vite ! Il n’est pas réputé pour sa gentillesse.

Xyrus s’exécuta et Pélos parut satisfait, il s’avança hors du cercueil et leur intima l’ordre de décliner leur identité. Allya prit la parole en premier.

-Très sage roi Pélos, je suis Allya, fille de ton petit-fils Xyrcos, roi de Crète.

-Ma lignée a continué à régner ? J’en suis fort aise.

-Vous avez créé un grand et fort royaume, l’île est connue de par le monde.

Elle lui brossa un fort beau et fort faux tableau, omettant de préciser que sa lignée s’était éteinte depuis des milliers d’années et insista sur les victoires de son père quelques années avant sa mort.

Pélos l’interrompit à son grand soulagement, elle ne savait plus quoi dire après avoir détaillé les négoces en laine que le royaume faisait avec la Grèce voisine. Le roi se tourna vers Xyrus qui était resté muet.

-Qui es-tu ? Ta tenue est étrange, de quelle lointaine contrée viens-tu?

-Je, je…

-C’est Xyrus mon fiancé, inventa Allya, il vient de…

-De Bretagne, il venait de se rappeler de l’ancien nom de son pays, un grand et puissant royaume au nord ouest, une île par delà les terres.

-Quelle est la dot ?

Même mort il était cupide, enfermé dans son caveau Pélos se préoccupait plus de l’état des coffres que du reste.

-Deux bateaux d’or et de joyaux, ils sont arrivés hier avec Xyrus pour le mariage mais l’oncle de ma mère nous a enfermés ici !

Allya décrivit la malédiction égyptienne inscrite aux murs de l’entrée et demanda à son ancêtre s’il savait comment la briser. Mais Pélos, qui ne comprenait pas l’égyptien, lui assura que, de tous les pièges qu’il avait fait poser ici, celui-ci n’en faisait pas partie.

Xyrus se retint d’expliquer au vieillard de plus en plus humain que ses pièges s’étaient abîmés avec le temps et qu’à part le trou ils n’avaient rencontré aucun problème pour avancer.

-Mais les ombres ? Demanda Allya inquiète. D’où viennent-elles ?

A cela Pélos n’avait aucune réponse, pas plus qu’il ne savait pourquoi ou comment il était revenu à la vie, non tout ce qui l’inquiétait c’était l’état de son trésor.

Les deux adolescents l’avaient pris pour un ennemi mais sa résurrection ne semblait finalement être qu’une conséquence de l’arrivée de Xyrus dans le tombeau et de la malédiction qui les entouraient.

Néanmoins, avant de descendre, Pélos eut l’amabilité de leur montrer une voie de sortie potentielle. Ils repartirent en passant par une anti-chambre remplie d’objets du quotidien où, au grand soulagement de Xyrus, ils trouvèrent des torches pour les éclairer et ainsi économiser ce qu’il restait de batterie de son téléphone. Allya saisit en plus une dague aiguisée, au cas où. Xyrus fit de même avec un grand glaive en acier.

Ainsi équipé ils marchèrent à travers le tombeau qui s’étalait sur des centaines de mètres, un vrai labyrinthe. Ils marchaient toujours en suivant le mur de droite pour ne pas se perdre mais, au niveau d’une intersection, ils s’arrêtèrent et écoutèrent. Des bruits sourds provenaient d’un couloir sur leur gauche.

Allya suggéra de s’en éloigner mais Xyrus l’en dissuada.

-Je crois savoir ce que c’est.

-Oui, des ombres, ou des monstres, partons !

-Non, ce sont des machines ! C’est le chantier, viens !

Ils allaient sortir, ils allaient enfin sortir. Ils changèrent donc de direction, se rapprochant au mieux de la source des bruits. Ils terminèrent sans souci leur course dans une petite salle circulaire, comme Xyrus l’avait cru, ils n’étaient plus très loin du chantier de fouilles. Ils en étaient même très proches, à une vingtaine de centimètres de l’autre côté, le père de Xyrus dégageait avec marteau et burin le long ce qu’il pensait être le mur d’une petite maison tandis que plus loin certains ouvriers avaient pour mission de faire sauter un gros rocher qui les bloquaient. Pour cela ils avaient recours à de grosses machines, source des bruits entendus par les adolescents.

Xyrus entendait de petits bruits réguliers, il frappa à son tour plusieurs grands coups avec la pomme de son glaive et se maudit de ne pas connaître le morse.

Il frappa en rythme, laissant des pauses entre chaque série de coups et écoutait attentivement.

Sir Richard Evans, le père de Xyrus, fut plus que surpris d’entendre le mur résonner. Il fit taire tout le monde et éteindre toutes les machines. Un silence de mort tomba sur le chantier. Il frappa quelques coups avec son marteau et patienta. Xyrus lui répondit par des coups et la frénésie envahit le site.

-Il y a quelqu’un là-dedans ! Hurla sir Evans. Apportez des pioches !

-Mais, ce mur antique ? Osa demander l’un de ses assistants.

Richard lui hurla d’aller au diable avec ses vieilleries et saisit une pioche pour lui-même creuser.

Ils firent en une petite demi-heure un trou assez grand pour atteindre le tombeau et furent frappés de stupéfaction en découvrant qui se trouvait derrière.

-Xyrus !?

-Bonjour père.

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