[Baisers d’outre-tombe] 8 : Le vrai début de l’aventure

[Baisers d'outre-tombe] 7 : Les liens du sang
[Baisers d'outre-tombe] 9. Chariots de métal

-Xyrus ?!

-Bonjour père !

De toutes les personnes qui auraient pu se trouver là, Xyrus était bien la dernière à qui sir Richard eut pensé.

-Mais qu’est-ce que tu fais là ? Et depuis combien de temps ?

Xyrus lui raconta brièvement les faits, insistant sur les épisodes magiques et angoissants mais sans omettre le trésor, ni Allya.

-Qui donc ?

-Allya, répondit Xyrus en se tournant vers la droite. Il n’y avait personne, elle avait disparu.

-Je n’ai pas rêvé, elle était là, elle m’a aidé.

-Tu as subi un traumatisme, ne t’inquiète pas, recule un peu on va élargir le trou…

Mais Xyrus ne l’écoutait pas et était reparti dans le couloir, il criait encore et encore, hurlant à Allya de se montrer. Mis à part ses cris et les machines qui perçaient le mur, tout était silencieux, pas d’Allya, pas de Pélos ni même d’ombres à l’horizon. Avait-il rêvé toute cette aventure ?

Il commença à douter puis entendit un petit bruit sourd suivi d’un gémissement étouffé sur sa droite. Il chercha un peu et découvrit Allya, recroquevillée dans un recoin sombre.

-Pourquoi es-tu partie ?

-Je ne sais pas, j’ai eu si peur et, elle marqua une courte pause, je ne pense pas pouvoir sortir…

Des larmes lui montèrent aux yeux alors qu’elle réalisa qu’il allait repartir alors qu’elle resterait là, ou mourrait sous peu. Étonnement la seconde solution n’était pas la pire. Elle se leva et déposa un baiser sur sa joue avant de se détourner dans le but de repartir vers le coeur du tombeau mais il saisit son bras, l’obligea à se retourner et l’embrassa avant de lui répondre.

-La malédiction ? Mon père la brisera, c’est un expert en archéologie, et s’il ne trouve pas, moi je trouverai même si j’y passe ma vie !

En disant cela il se rendit compte qu’il y croyait sincèrement, ils avaient passé moins de vingt-quatre heures ensemble mais ce furent les plus intenses de sa vie et, même si la suite ne serait pas aussi riche, il n’avait pas envie de la quitter. Xyrus la serra contre lui une fois encore puis, plus déterminé que jamais, la ramena dans la salle où son père venait de pénétrer avec son associé, John Ford. Les deux hommes durent avouer qu’il n’était pas fou en voyant la jeune princesse qui avançait derrière lui.

-Par tous les diables ! S’écria John, c’est un vrai miracle !

Xyrus mentionna la malédiction dans la pièce où il était tombé ainsi que le trésor enfoui. A la mention de Troie les deux archéologues devinrent plus qu’heureux, ils jubilaient devant une telle découverte et un si beau pactole.

-Le trésor est à Allya !

Répliqua Xyrus, agacé par le fait qu’ils s’intéressaient plus à l’or en bas qu’à la vie de l’adolescente, mentit en leur disant que la malédiction protégeait le trésor.

-Sans oublier les ombres. Rappela Allya. Elles sont un peu partout.

Ils revinrent à la raison, non sans difficulté, et se résolurent à sortir. John passa en premier, suivi par Xyrus qui se retourna et tendit la main à une Allya un peu hésitante. Elle passa le bras mais une barrière invisible l’empêcha de franchir le mur et de toucher la main de Xyrus.

-Xyrus, emmène John et une équipe dans la salle où tu es tombé, les hiéroglyphes n’ont pas de secrets pour lui. Vous traduisez la malédiction puis vous revenez ici.

-Et vous père ?

-Ne seriez-vous pas mieux à comprendre la malédiction ? S’enquit John, curieux de ce choix.

-Vous plaisantez ? J’ai l’exclusivité de l’interview d’une véritable grecque ayant vécu moins de cent ans après la guerre de Troie ! C’est un papier garanti dans le « Journal of archaeology of Oxford », une incroyable découverte ! Filez !

Il sortit son journal de bord, un vieux carnet qui avait vécu, un crayon et s’assit à même le sol. Il commença par faire rapidement une esquisse de son visage, puis débuta une longue série de questions auxquelles Allya répondit au mieux. Elle lui parla de sa vie quotidienne, de celle du royaume. Richard s’intéressa particulièrement au commerce en Méditerranée, il était selon lui la clef du succès de la civilisation grecque. Le jour déclina et on leur apporta à boire, à manger et des torches bien étranges pour la jeune fille. Elles éclairaient sans flammes et des fils sans fin émanaient de leurs bases. Richard sourit en la voyant approcher délicatement la main pour voir si les LED étaient chaudes.

-Je laisse à Xyrus le soin de vous présenter notre monde.

Xyrus qui, de son côté aidait l’équipe en donnant de violents coups de pioche dans le roc qui bloquait l’entrée sous les rires moqueurs des ouvriers qui restaient inactifs à côté.

-Qu’est-ce qui vous fait rire ? Et qu’est-ce qui vous amuse tant ?

-De te voir t’énerver sur le rocher p’tit.

-Ce n’est pas avec vous qu’il se brisera.

-Fatigue toi autant que tu veux gamin, on te regarde !

Xyrus les insulta copieusement tout en redoublant d’efforts, pestant contre ces fainéants.

Fainéants dont l’hilarité redoubla avec l’arrivée de l’ingénieur en chef portant des bâtons de TNT.

Un peu d’explosifs, une mèche, une étincelle et boum ! L’entrée fut descellée.

Ils pénétrèrent à l’intérieur et John s’attela de suite à la lecture de la malédiction au grand soulagement de Xyrus qui garda espoir. Espoir qui augmenta avec le temps lorsqu’il vit le sourire de l’archéologue.

-Les ombres doivent être dissipées par Râ. Déclara t-il avec un sourire.

-D’accord, où peut-on trouver ce Râ ?

-C’est le soleil, il faut que toutes les ombres soient éclairées, en même temps.

-Mais il y a des centaines de mètres de galeries, même avec des miroirs on y arrivera pas.

-T’es resté trop longtemps en Grèce antique toi, maintenant on a des projecteurs.

Le visage de Xyrus s’illumina tellement qu’il eut presque pu détruire les ombres lui-même.

-Alors allons acheter des ampoules !

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