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La FanFiction avant/après

C’est bizarre de voir comme les choses changent en si peu de temps.

Lorsque j’ai commencé la fanfiction en ligne (2004), c’était sur le site Harry Potter de la Warner, sous la forme d’un forum où il y avait plus de « up » que de chapitres, enfin, de fragments de chapitres. Avec des fautes partout, des émoticônes en guise de ponctuation et plus de notes d’auteurs que de lignes de texte. Bref.

Pour ce que je m’en souviens, à l’époque il n’y avait pas beaucoup de règles, trois en fait :
1. L’univers appartient à son auteur, cela peut sembler bête mais il fallait clairement stipuler que c’était un travail de fan. En plus, les fanfictions étaient à bannir si l’auteur s’était déclaré contre (n’est ce pas chers fans de Game of Thrones ? )
2. Ne pas gagner d’argent avec, et oui c’est à l’auteur que le mérite (et l’argent) revient, les fans ne sont pas là pour gagner des sous. La seule exception que personnellement je tolère ce sont les quelques dons pour maintenir un site (payer l’hébergement et le nom de domaine), chose que je vois plus comme un regroupement de moyens de fans pour faire vivre leur passion sans que les sites soient blindés de pubs.
3. Pas de fanfiction sur quelqu’un de vivant (j’ai même arbitrairement ajouté la limite des 100 ans après la mort, histoire d’être tranquille), ce pour une raison toute simple : éviter le procès pour diffamation. Et puis à l’époque, cela ne faisait pas beaucoup.

Cela donnait le sacro-saint disclaimer, exemple : L’univers d’Harry Potter appartient à J.K. Rowling, ce n’est qu’un emprunt à but non lucratif.

La troisième règle a volé en éclat avec Justin Bieber et le One Direction mais on peut penser que la première suffit à éviter la diffamation. Par contre les deux premières règles ont explosé avec 50 nuances de Grey et plus récemment After. Ce à mon grand étonnement, quel fan voudrait publier sa fanfiction et la masquer pour détruire tout ce qui en faisait l’intérêt ?

Car l’intérêt de faire une fanfiction c’est bien d’étendre l’univers emprunté non ?  A quoi bon écrire une fanfiction sur Harry Potter et transformer Harry en Harvey ? C’est longtemps resté hors de ma portée, puis j’ai compris cet énorme coup de communication bien pensé. Lorsque j’ai cette nouvelle fiction entre les mains et que je lis Harvey, je sais que ce n’est pas Harvey mais Harry qu’il faut lire. Automatiquement mon cerveau fait le changement, recherche la moindre parcelle de description, le moindre détail qui me rappelle l’oeuvre originale et recrée dans la foulée l’univers correspondant. Je suis revenue à Poudlard même si maintenant le château est un pensionnat anglais nommé Pucedebacon. Et c’est là que l’ingéniosité des éditeurs est entrée en action, ils ont supprimé juste assez de références pour que techniquement l’oeuvre ne soit plus une fanfiction (donc légalement publiable) mais pour que nous nous rappelions quand  même d’où vient cette nouvelle oeuvre. Ajoutez à cela quelques fuites d’informations, pour que tous les fans sachent que c’est une fanfiction et donc se jettent dessus et vous obtenez un best-seller.

C’est légalement faisable mais moralement répréhensible. Et quand l’argent entre en jeu, la morale…
Question morale la maison d’édition derrière Fyctia (je ne me rappelle jamais du nom) a fait très fort avec le concours à venir #BFF, je vous citerais bien le site mais cette nuit (1er août 2015), il buggue. Sauf erreur de ma part ce concours de fanfiction (Fanfiction ! Pas fiction ! Bordel !) a pour but de recueillir des « fictions originales » (sic) mettant en scène des rivalités entre amis « locaux » (vous et votre meilleur ami par exemple) ou célèbres (genre Miley Cyrus/Selena Gomez). Thème classique mais là où tout devient drôle, c’est lorsqu’il est précisé (si je me rappelle bien, à prendre avec des pincettes) que si vous faites une fanfiction Miley/Selena, vous ne devez pas les mentionner. Et oui, ce n’est pas publiable si les gens sont cités. Etant une fervente défenderesse de la fanfiction libre, j’ai échangé quelques mails avec la maison d’édition et deux choses : premièrement ils m’ont pris pour une débutante (disons-le poliment). Et deuxièmement, ils m’ont expliqué que pour #BFF, faire deviner que Melissa et Sandy sont en réalité Miley et Selena est ce qu’ils appellent « le jeu de la FanFic » (sic). En onze ans de fanfiction je n’en avais jamais entendu parler. Merci Hugo de m’apprendre ce qu’est une fanfiction.

Lorsque les maisons d’éditions se mêlent de la fanfiction tout par à vau l’eau. Certes la fanfiction prend de l’ampleur avec internet mais les bases, les fondamentaux devraient être maintenus.

D’ailleurs la fanfiction évolue beaucoup, notamment au niveau de son format. Initialement une fanfiction est constituée de chapitres postés les uns à la suite des autres pour former le « roman » final, le besoin d’attirer et de conserver des lecteurs fait que chaque chapitre de fanfiction doit se finir avec un minimum de suspense pour que le lecteur ait envie de lire la suite. Ce n’est pas nouveau, les feuilletons littéraires publiés dans les journaux fonctionnent pour la plupart sur ce principe.

Ce qui en revanche est un peu plus nouveau c’est l’exacerbation de ce trait, maintenant une fanfiction doit être une série où chaque épisode (court de préférence) est plein d’action et de rebondissements, quitte à élaguer les descriptions. Ce qui fait que l’on voit de plus en plus de fanfictions courtes bourrées de dialogues. Cela dit comme on connaît l’univers de référence nul besoin de le décrire non ?

 

En résumé, cette évolution de la fanfiction a ses bons et ses mauvais côtés, les sites hébergeurs et autres plateformes comme Fanfiction.net ou Wattpad, ou même Fyctia devraient rappeler ce qu’est une fanfiction et ses limites légales. Allez donnons leur un coup de main :

La fanfiction est une oeuvre de fan empruntant un univers dans un but non lucratif. L’univers original est la propriété pleine et entière de ses ayants-droits et l’auteur de la fanfiction n’a nullement l’intention de s’y substituer.

 

Axel.

(re)création de ce blog
Outsider

Presque jeune auteur de 30 ans, maman 2.0 de deux petits tigres. A court de temps mais pas d'idées.

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