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[BR] 4. Coup de foudre dans le désert

Il y avait de l’orage dans l’air à Konoha, au propre comme au figuré. En effet le ciel était assombri par de gros nuages noirs qui laissaient éclater une tempête d’une ampleur rarement vue au village. Mais ce n’était rien comparé au cataclysme localisé au sein de la demeure principale des Hyûga. Une tornade orange détruisait tous les tympans à sa portée, en l’occurrence, ceux des membres les plus éminents du clan et parmi eux, Hiashi, qui était particulièrement visé. Le Hokage était aussi présent mais toute aussi impuissante face à la rage qui émanait de son genin le plus turbulent.

Naruto était… écoeuré, dégouté, énervé, et monstrueusement en colère. Il n’avait plus ses parents depuis longtemps certes mais le peu qu’il avait pu voir de son père l’avait convaincu que rien, au grand rien ne pouvait pousser un père à abandonner son enfant. Et pourtant il avait face à lui un père qui semblait indifférent à la disparition de son héritière; enfin, de son ex-héritière. Voilà un mois que Hinata avait été enlevée, par Sasuke qui plus est si l’on en croyait les rapports préliminaires, et ce matin la nouvelle de sa destitution au profit de sa jeune soeur avait été annoncée avec fracas.

Pour Naruto, qui rentrait alors après une semaine de recherches, cela fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, d’accord elle n’était pas aussi douée que Sakura, elle n’avait pas été le disciple du Hokage et elle ne coupait jamais la parole aux gens mais Hinata ne méritait pas une punition aussi dure.

« Je vois que tu ne me comprends pas Naruto, réussit à commencer Hiashi entre deux vagues de hurlements, mais je dois penser au clan avant de penser à ma famille.
– Vous avez raison sur ce point, je ne comprends pas comment vous pouvez tant manquer d’humanité!
– Naruto! Tu parles à un chef de clan! » Cria Tsunade avant d’attraper le ninja par le bras, le broyant au passage et l’emmena hors de la demeure en s’excusant auprès de leurs hôtes. Elle fit fi de ses protestations et traversa ainsi le village jusqu’à son bureau où elle daigna enfin le lâcher.
« Puisque tu n’es pas capable de te contrôler je t’envoie en mission! Gronda-t-elle en attrapant le dossier des missions courantes que lui tendait Shizune.
– Je vais chercher Hinata, grogna Naruto en se tournant vers la porte.
– Je t’interdis de me tourner le dos! Tu pars dans le sud, ils ont besoin de main d’oeuvre pour les récoltes, emmène une équipe de genins avec toi, et je ne veux rien entendre! Dehors! » Ajouta-t-elle en le voyant ouvrir la bouche pour répliquer.

Naruto sortit dans le couloir à toute allure, bousculant sans ménagement Sakura qui venait faire son rapport sur l’inventaire des plantes médicinales disponibles au village. Le ninja fonça chez Ichikaru, avala un bol de ramens et s’en fut empaqueter quelques affaires avant de se mettre en route vers les fermes du sud. Il courut à en perdre haleine toute la journée et ne s’arrêta qu’à la nuit tombée. Il fit un feu de camp, s’assit et rongea son os un moment. Il s’endormait lorsqu’il perçut la présence de ninjas se rapprochant de lui. Il se mit sur ses gardes et attendit, ils n’avaient pas pris la peine de dissimuler leurs chakras, soit ils étaient amicaux, soit très mauvais. La réponse ne tarda pas: les deux. Konohamaru, deux autres genins et leur sensei apparurent dans la clairière, l’air exténué.

« Tu aurais pu nous attendre! Haleta le genin.
– Désolé, j’avais la tête ailleurs, s’excusa Naruto en reprenant sa place.
– Je ne te savais pas si pressé de récolter des pommes de terre, ricana son cadet, enfin, c’est un entraînement comme un autre. » Son innocence fit sourire Naruto, il n’était pas concerné par les soucis de son aîné, pour l’instant il ne devait avoir que le passage de grade approchant en tête. La guerre, les troubles politiques auxquels Naruto faisait face étaient habituellement réservés aux ninjas expérimentés, pas aux genins comme eux. ‘Quelle époque troublée…’ Songea le jeune ninja avant de s’endormir avec une dernière pensée pour son amie.

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« Ami », quel drôle de mot, peu employé par les ninjas pour lesquels il y a surtout des alliances, des intérêts et le devoir. L’amitié c’est surtout pour les civils. Enfermée dans sa cellule, Hinata songeait à ses amis, combien s’étaient portés à son secours? Kiba et Shino certainement, Shikamaru moins sûr, quant à Naruto elle espérait qu’il la considère encore comme une amie, même après lui ayant dévoilé ses sentiments pour lui et le refus gentil mais cinglant ayant suivi. Oui, pour lui l’amitié est une chose précieuse qu’il ne voulait pas gâcher. ‘Abruti!’ Pensa-t-elle en secouant la tête avant de se remettre à creuser. Car s’il est était une incapable aux yeux de son père et du reste du village, elle avait une cuillère, arrivée avec son dîner. Dîner immonde au passage, pire que la cuisine d’Ino, c’était dire… Et Hinata avait lu assez d’histoires d’évasions lorsqu’elle était enfant pour savoir qu’avec une cuillère il était possible de creuser des tunnels. Et donc elle creusait, n’en déplaise à ses geôliers qui riaient bien en la voyant faire. « Cellules ninjas, rappelaient-ils, moqueurs, comme si tu pouvais creuser une cellule ninja… ».

‘Rira bien qui rira le dernier’, songeait la prisonnière en les entendant une fois encore, sans faillir à sa tâche, ‘la nulle de service creusera jusqu’à sortir d’ici’. Elle avait déjà détruit trois cuillères mais s’accrochait à son tunnel comme à sa vie. De plus, elle était chanceuse, deux jours après son arrivée dans le centre, soit cinq jours après son rapt, un autre prisonnier avait malencontreusement tué le charlatan qui expérimentait sur eux toutes sortes de jutsus et drogues. Par conséquent, en attendant que Sasuke lui ait trouvé un remplaçant, Hinata et tous les autres étaient tranquilles, modulo les rats enragés qui traînaient dans les cellules. Et elle avait horreur des rats.

Il s’était bien passé deux heures sans qu’elle n’entende de ricanement derrière elle, cela aurait dû lui mettre la puce à l’oreille mais le gaz tranquillisant lui brouillait les idées, elle ne pouvait se concentrer que sur une chose à la fois, en l’occurrence, creuser. Elle était si concentrée qu’elle n’entendit pas l’homme s’approcher de sa cellule.

« Tu peux arrêter de creuser, répétait le ninja, arrête de creuser… Hinata! « 
Elle sursauta, en lâcha sa cuillère et se retourna aussi brusquement que lui permettait son corps affaibli et s’effondrer sur le sol pour se retrouver face à deux pieds bandés. Elle remonta les yeux le long d’un pantalon noir, d’une tunique de la même couleur retenue à la taille par une ceinture pourpre et enfin elle vit un visage partiellement recouvert de peintures guerrières.

 » Nouvelle technique d’évasion? Demanda le guerrier un brin moqueur lui aussi, décidément, tous les geôliers se ressemblaient. Hinata adopta une position assise plus confortable alors qu’il déverrouillait la grille et l’ouvrait en grand avant de pénétrer à l’intérieur , de l’attraper par le bras et de la traîner hors de sa cellule.
– Je… » Commença-t-elle mais ne put continuer sa phrase, faute de savoir quoi dire. Lui, déposa à terre la grosse marionnette qu’il portait, l’ouvrit et en sortit un cadavre atrocement nauséabond.

« Pouah, mais qu’est-ce que c’est? Demanda Hinata en réprimant une forte envie de régurgitation.
– Ca, répondit-il avec un sourire, c’est toi! Maintenant rentre là-dedans, dit-il en montrant sa marionnette maintenant vide.
– C’est dégoûtant, grimaça la jeune femme.
– C’est ta seule chance de quitter cette prison, mais si tu préfères rester avec l’Uchiwa…
– Non, j’y vais, dit-elle en joignant le geste à la parole et entrant à contrecoeur dans la marionnette.
– Il me faut un peu de ton sang, dit-il en sortant un kunai », Hinata tendit un bras et le laissa l’entailler. Elle sentait qu’elle lui faisait trop confiance mais ce satanée gaz était terriblement efficace. Il récupéra une petite quantité de son sang qu’il étendit sur le cadavre puis se retourna vers elle, en boule dans sa marionnette.
 » D’ailleurs, tu sens aussi bon qu’elle », ne put s’empêcher d’ajouter le guerrier avant de rapidement refermer la marionnette, lui ôtant tout espoir de réponse.

Il poussa le cadavre dans la cellule et la verrouilla, il mit sa marionnette sur son dos et repartit comme il était venu, enjambant les corps des soldats qu’il avait tués à l’aller. Les prisonniers ne semblaient pas avoir noté sa présence, ni les combats s’étant déroulés près d’eux. ‘Pauvres diables’, pensa Kankurô avant de remercier les anciens de Suna d’avoir fait de son village la capitale de poisons et antidotes. Il avait facilement détecté cette confection originale de Sasori et s’en était prémuni. Une fois dehors il activa le dispositif qu’il avait mis en place en arrivant une fois à distance respectable. Le bâtiment au complet se transforma en un immense brasier. Enfermée, Hinata entendit de nombreux cris de douleurs et une chaleur intense qui lui fit perdre conscience et plonger dans un atroce cauchemar.

Lorsqu’elle s’éveilla un jour après, elle était toujours au même endroit, bercée par les mouvements du juunin courant dans le désert. Le vent froid la fit frissonner, il dû s’en rendre compte car lui adressa la parole pour lui dire qu’il ne s’arrêterait qu’une fois arrivés, pour faire au plus vite.

« Sois patiente, et fais-toi discrète à Suna, la prévient-il, personne ne doit savoir que tu es vivante. « 
Son instinct ne l’avait pas trompée, il n’était pas clair, maintenant qu’elle avait les idées plus claires, il fallait qu’elle réfléchisse à un moyen de rentrer à Konoha, d’échapper à sa vigilance pour commencer. A ce moment une idée jaillit dans son esprit: elle avait emmené sa cuillère! Ni une ni deux elle commença à creuser. Kankurô la sentit abîmer sa chère marionnette et s’arrêta sur le champ avant de vivement lâcher son paquet dans le sable et de l’ouvrir brusquement. Cuillère toujours en main, Hinata roula sur le sable froid avant de se relever tant bien que mal et de faire face au ninja.

« Mais tu es folle! S’écria-t-il, tu sais combien de temps il m’a fallu pour la construire cette marionnette?
– Pourquoi? Demanda-t-elle en le menaçant avec sa cuillère, efficacement espérait-elle, pourquoi dois-je être morte?
– Tu demanderas ça à Gaara, il est plus diplomate que moi, enfin pas de nature mais sa fonction l’y oblige.
– Réponds-moi! Pourquoi? » Insista-t-elle. Kankurô soupira, il était fatigué et voulait rentrer sans tracas, mais clairement, s’il lui disait, elle allait lui causer beaucoup de tracas. Il n’aimait pas les pleurnicheuses et pour ce qu’il s’en souvenait, celle-là allait en être une. D’un autre côté, si elle se contentait de pleurer dans sa marionnette, il pourrait continuer son chemin en ignorant ses sanglots. C’était jouable…

« Konoha se moque de ta disparition, ils n’ont envoyé aucune équipe de secours et à peine daigné informer les autres villages; de plus, un nouvel héritier a été désigné pour ton clan. Gaara trouvait cela bizarre et a donc mené des recherches de son côté, nous avons eu une piste confirmée et il m’a chargé de te récupérer et de simuler ta mort et arrête de pleurer », conclue-t-il en soupirant.
C’était couru d’avance. Hinata le regarda à la fois horrifiée et résignée, son père avait sauté sur l’occasion. Elle laissa échapper un sanglot en retournant s’asseoir dans la marionnette que Kankurô referma avant de l’attacher sur son dos et de repartir. Le reste du voyage se déroula dans un tempête de sable, l’orage grondait au-dessus d’eux et de temps à autre la foudre s’abattait sur les dunes de sable, transmettant toute son électricité au sous-sol.

Ils arrivèrent discrètement, Kankurô masquant son chakra grâce à cette décidément très utile marionnette. Il l’emmena directement à l’hôpital où une chambre isolée l’attendait avant de partir, Hinata laissa les medics-nin l’ausculter et la laver avant de la coucher et de la brancher à plusieurs moniteurs. Elle attrapa un fruit posé sur une petite table à côté d’elle et se laissa tenter, elle mourrait de faim. Elle en entamait un deuxième lorsque la porte s’ouvrit, laissant place au Kazekage qui s’approcha du lit.

« Comment allez-vous? Demanda-t-il courtoisement. Hinata respira profondément, essayant de ne pas pleurer devant lui.
– Je suis vivante grâce à vous, répondit-elle en évitant soigneusement le mot ‘libre’.
– Kankurô m’a fait son rapport, j’avais espéré que vous aviez des réponses à …
– Pourquoi ma vie importe peu? Je n’en sais rien, mentit Hinata, ce qui n’échappa pas à son interlocuteur. Pourtant, il joua le jeu de l’ignorance.
– Bien, restez ici pour l’instant, je déciderai de la marche à suivre en temps et en heure. Termina-t-il en se dirigeant vers la porte. Prenez soin de vous. »

‘Vivante’, en un sens elle l’était mais bientôt, aux yeux de tous ses amis elle ne le serait plus. Et un sentiment de vide l’envahit. Hinata se coucha sur le flanc et, perdue au milieu du désert, laissa libre court à sa tristesse.

[BR] 3. Génétique des populations
[BR] 5. Poissons et poisons

Presque jeune auteur de 30 ans, maman 2.0 de deux petits tigres. A court de temps mais pas d'idées.

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