[Marcus Reloaded] 6 Spartacus has a dream

[Marcus Reloaded] Chapitre 1 : Publius is Back !

Certains se réveillent avec la main d’une femme qui caresse lentement leur torse tandis qu’elle dépose une volée de baisers légers dans leur cou et vient leur murmurer quelques mots doux à l’oreille. Dans la Ludus, l’école de gladiateurs, de Cnaeus Lentulus Batiatus, c’est une sonnerie stridente et le cliquetis des serrures automatiques qui nous réveille. Chaque matin c’est la même chose, chaque jour de l’année, hormis quelques rares célébrations dont je me moque éperdument. Je me lève de cette couchette ignoble, sans confort. Batiatus avait promis des privilèges à ceux qui se battraient bien, un an après mon arrivée je suis le meilleur et j’attends toujours mes privilèges. Oh parfois on avait bien le droit à des femmes, mais j’échangerais volontiers ces dames contre un matelas digne de ce nom. Oui j’en suis là.

 

Je rejoins les autres gladiateurs dans le réfectoire, cet immonde porridge sera encore au menu, avec ce jus de chaussettes qu’ils appellent café. Ne me laissez jamais seuls avec le cuistot où il y aura un meurtre en cuisine. Oenomaüs et Crixus, compères de mauvaise fortune, font déjà des blagues vaseuses assises à table.

– Hey Spartacus ! Tu connais la différence entre une prostituée et une louve ? Le nombre de clients !

Purée, Crixus est en forme, c’est tellement pourri que je n’ai rien capté. Ca doit se voir à ma tronche car Oenomaüs se sent obligé de me l’expliquer. Un rapport avec Rome, la ville de la louve, sur laquelle tout le monde passe. Je ne veux pas comprendre, je m’en fiche, je veux mon lit.

Une autre sonnerie stridente retentit, j’ai à peine eut le temps de boire mon café. Il faut quitter le réfectoire et aller dans la salle d’entraînement. Mais pas sans avoir fait trente tours de cour avant. Sinon ce n’est pas drôle. C’est une journée maudite comme une autre, échauffement, entraînement, entraînement, entraînement. La manipulation des armes, les secrets pour rester en vie et plus important, ceux pour tuer. Tuer c’est simple, mais comme dit Batiatus, pour les arènes de Rome il faut du panache. La mort est notre meilleure amie, mieux on sait la prendre et moins elle nous aime.

C’est du vent, Batiatus a des mots lyriques mais c’est la mort brutale qu’il veut. Pour lui nous sommes des bêtes, des animaux qu’il entraîne avant de balancer sur le sable pour mourir dans les rires de la foule en sueur.

Un coup de glaive en bois me colle au sol. Je ne l’avais pas vu venir, les gardes rient, j’ai envie d’attraper leurs fusils et de leur mettre deux balles dans la tête de ces fils de chiens galeux. En paire ils ne font pas le poids, ils profitent de leur position dominante, position qu’ils n’ont que grâce à leurs armes de poings et autres fusils.

Une main se tend vers moi, Crixus se moque de ma face boueuse mais m’aide à me relever. Je le remercie d’un signe de tête et reporte mon esprit sur le combat, hors de question que je perde !

Une forte pluie se met à tomber au-dessus du Ludus mais à part se mettre à l’abri les entraîneurs ne font rien et on continue encore et encore jusqu’à la fin de la journée. Bilan deux blessés à la jambe et mon épaule a pris un coup, un rien selon l’entraîneur qui me refuse l’accès à l’infirmerie. L’enfoiré.

On a à peine vingt minutes pour prendre une douche et nous changer avant de regagner le réfectoire pour un dîner aussi mauvais que le déjeuner et le petit-déjeuner avant lui. Heureusement qu’on peut parler à voix basse sinon j’aurais commis un massacre depuis longtemps.

Mes compagnons bavardent, ragotent et complotent mais je ne les écoute pas. Mon regard s’est perdu à travers la baie vitrée barrée d’acier. La pluie a laissé place à un coucher de soleil magique. Ses rayons illuminent la campagne de Capoue de mille feux, ode aux dégradés rouge et or surplombant une plaine verte et fertiles. Dès que je la vois c’est plus fort que moi je devient poète. Les mots se mélangent dans ma tête, harmonie crée à partir du chaos. Je les laisse me la décrire encore une fois, emplie de promesses d’une vie meilleure, belle à faire pâlir les déesses et joyeuse comme les oiseaux au printemps. Elle est tout pour moi, inaccessible mais si proche qu’à chaque fois je pense pouvoir l’atteindre.

– A quoi tu penses Spartacus ? Ta défaite de cet aprem ?

– Laisse le Crixus.

Oenomaüs est un sage, et un enfoiré de première, ici ça va très bien ensemble.

– Alors ?

Je lui dis que je pense encore à elle. Elle qui m’obnubilait autant, je me lève avec elle en pensée, je me couche avec elle en pensée.

– A chaque fois que je la vois si belle je suis comme un puceau devant une déesse.

– La pouf de Batiatus ? Mais qu’est-ce que tu lui trouves ? Elle est boudinée dans ses leggings en faux cuir et elle a plus de peinture que la voiture de Batiatus !

Ils sont partis sur une discussion crue à propos de cette pouf brune et grosse qui vient souvent nous mater comme de la viande. Elle vient même parfois s’offrir nos services, une “chance” pour nous.

Par contre je ne vois pas ce qu’elle fiche dans l’histoire, quand soudain je me rend compte qu’elle est de l’autre côté de la baie vitrée, dandinant dans ses chaussures aux talons si hauts qu’elle manque de tomber à chaque pas. Je rirais bien mais ses chaussures suffiraient probablement à me payer une dizaine de matelas. Les deux débiles avec moi sont pris d’un fou rire en m’imaginant me la faire ce soir, ou plutôt en la subissant ce soir. J’attends donc que ces abrutis aient fini pour m’expliquer.

– Je ne parlais pas d’elle bande d’idiots.

– De qui alors ? Il n’y a qu’elle.

– Regarde dehors Crixus, elle est là et n’attend que moi.

Ils scrutent au delà de la baie mais ne voient rien, pourtant elle est immanquable.

– Ton cerveau a pris un coup Spartacus.

– Mais non, elle est là, si belle et désirable, si parfaite, si éclatante.

– Mais qui ?

– Ma liberté.

[Marcus Reloaded] Chapitre 1 : Publius is Back !

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