[Marcus Reloaded] Chapitre 1 : Publius is Back !

[Marcus Reloaded] 6 Spartacus has a dream
[Marcus Reloaded] Chapitre 2 : Je coûte 11 000 sesterces

-Je suis un homme mort mec, le pater va vraiment m’étriper.

En cet instant, allongé sur mon lit, les yeux rivés vers le plafond de cette chambre austère, je suis sérieux comme jamais. A l’autre bout du fil Rufus, mon meilleur ami, qui a la grande que dis-je l’immense chance de faire ses classes au sein de la garnison de Rome. Tous les patriciens comme lui et moi doivent en passer par cette étape quasi-obligatoire mais à vrai dire je n’étais pas très chaud pour l’armée. Pour éviter cela, six mois plus tôt j’ai eu la plus brillante des idées de ma vie : m’exiler loin de Rome, ici à Milano, pour y suivre un cursus de philosophie. Après réflexion ce n’était pas une bonne idée mais, pour ma défense, le pater m’avait mis au pied du mur.

 

-Oui j’ai fait tout mon possible mais ça me gave grave, j’en peux plus de Milano, en plus mon cousin est rasoir et par dessus le marché tu n’arrêtes pas de me décrire tes folles soirées à Rome !

Mes muscles sont endoloris d’être trop restés inactifs, il faut que je bouge. Je commence à faire les cent pas dans cette presque luxueuse geôle qui me sert de chambre chez mon oncle. Cette situation me rend complètement dingue alors je tape dans tout ce qui bouge, dont une pile de linge.

– Ouch !

De maudits bouquins de philo traînaient par terre, bien dissimulés sous les vêtements alors forcément j’ai tapé dedans. Je grogne de douleur alors que cet abruti de Rufus se marre.

 

-Bordel ! Non ce n’est pas à toi que je parle Rufus, je me suis détruit le pied ! Quoi ? Ce que je pense de ton idée ? Quelle idée ?

Ce mec, confortablement installé dans les jardins de son père d’après ses dires, me répète son idée de génie : acheter les faveurs de mon pater avec un cadeau sensationnel. Sauf qu’à Milano il n’y a pas grand-chose de sensationnel, et qu’accessoirement mon père est assez difficile à contenter.

– A part le fric il aime quoi ton père ? Me demande Rufus.

Well, c’est bien le problème. Mon père est hyper connu pour son avarice, et avec son argent il peut tout s’acheter, genre absolument tout. Rufus et moi discutons encore longtemps, les sujets varient, j’ai vraiment besoin de me détendre. Nous évoquons un peu tout et n’importe quoi, une fusée, un bout d’Amazonie, une paire d’éléphants… Soudain, j’entends Rufus siffler un air que je reconnaîtrais entre mille.

– Toi, t’as repéré une fille…

– Yep ! Une belle petite brunette qui vient de passer dans mon champ de vision. L’une des dernières acquisitions de mon père je crois.

C’est l’illumination pour nous deux, nous ne sommes pas meilleurs amis pour rien.

– Et si tu lui offrais un esclave ?

– Fille ou garçon ? Mon père aime les deux tu sais ?

– Une fille, plus facile à gérer, prends en une convenable. Un jolis minois docile ce serait parfait pour lui non ?

 

C’est sûr que ce serait d’un plus haut niveau qu’une prostituée que mon père jetterait probablement après utilisation mais il y avait un léger souci.

-Tu veux que je lui trouve quoi ? Une vierge effarouchée ? Sérieusement ?

L’autre abruti au bout du fil acquiesce en plus.

-Tu sais que les filles dans ce cas sont soit vestales soit ont moins de douze ans ? Et encore avec de la chance ! Oui je me calme ! Mais où veux-tu que je trouve ça ?

 

Je vais mourir, je vais vraiment mourir, à la seconde où je parlerai à mon pater. Je ne peux réprimer un soupir de désolation en raccrochant, et je jette le téléphone, même pas envie d’une selfie. On frappe à la porte mais j’ai la flemme de répondre. Mon cousin retourne faire un tour aux champs de courses et m’invite à l’accompagner. Son vice c’est le jeu et ça le perdra, il me doit déjà une fortune. Cela étant… Pourquoi pas ? Qui à rentrer mourir à Rome demain autant profiter de ma dernière journée de vie. Je cherche quelques vêtements décents, la société a un certain niveau d’exigence vis-à-vis de moi. Je fouille un peu mais impossible de trouver quelque chose de propre. Enfin je mets la main sur une chemise, bizarrement située dans mon armoire. Un petit check dans le miroir, ce serait bête que ma dernière selfie soit ratée, des sous, ma veste et me voilà fin prêt.

 

« Dernière journée à #Milano ! Back in #Rome pour mourir comme les gladiateurs mais étripé par le #pater #pasclasse »

 

Je rejoins Lucius, mon cousin, bon vivant comme pas possible, je me demande comment il a réussi à survivre à Milano. C’est tellement peu… Rome.  Il faut reconnaître qu’il a été sacrément cool, la vie ici fut presque agréable. Par contre il a encore du boulot niveau style, là il ressemble à un amateur bourgeois comme tous les autres présents sur le champ. On est patriciens bordel !

 

– Qu’est-ce qui ne va pas Publius ?

Tout, ai-je envie de lui dire en montant à l’arrière de la berline avec lui. Lucius est sympa mais un peu fatigant parfois, il insiste lourdement pour que je lui raconte ma vie.

– J’arrête la philo.

– Enfin ! Constate simplement mon cousin, un petit rire aux lèvres.

– Mais ça veut dire que je rentre à Rome demain et que le pater va me détruire la tête.

– On te prend de faux passeports  et un vol pour le Mexique ?

Pas bête, fuir était une solution, pas très patricienne mais je ne serai pas le premier à faire cela, un ancien pote, Claudius Titus, a tenté l’année dernière. Son père l’a ramené à Rome avec des fers, pourtant il s’était planqué en Argentine.

 

-Même là-bas il me retrouvera ! Je soupire en sortant de la voiture, nous sommes arrivés au plus grand champ de courses de la ville. Il me faut vraiment une bonne idée. Rufus, tu sais mon pote de Rome…

– Hum, un Valerii non ?

– Ouais, un patricien pur race. Cet abruti m’a suggéré d’acheter une esclave à mon père. On voit bien qu’il ne le connaît pas. Mon pater est fermé aux femmes, il peut avoir celle qu’il veut quand il veut. Que ferait-il d’une esclave ?

-Tu as une meilleure idée ?

Non je n’en ai pas, pas la moindre. Mon cousin reprend son discours, il paraît moins pessimiste que moi. Et pour cause ce n’est pas sa vie qui est menacée.

– Je connais un marché clandestin pas très loin d’ici, les gens endettés y vendent de tout, tu trouveras peut-être ton bonheur…

 

Je ne suis pas du tout convaincu mais je suis toujours partant pour un coin glauque. Je le suis à travers le dédale de couloirs sous les gradins. Il fait chaud, ça empeste l’alcool et la sueur, j’adore. On se met dans une file, Lucius veut faire quelques paris sous la ceinture, et on attend notre tour. Devant nous il y a un petit homme bedonnant et ivre, il tient une jeune fille qui tranche totalement avec ce décor, si j’en crois la jolie vision de sa chevelure blonde. Elle essaye de faire toute petite et n’arrête pas de se tourner dans tous les sens, jetant des regards inquiets partout. Tant mieux, elle me montre ses profils fins. Elle finit par se tourner vers moi me happe totalement avec ses yeux gris. Purée. Je lui fait mon plus beau sourire et en appelle à tous mes gènes patriciens.

 

-Bonjour, je m’appelle Publius, à quelle gracieuse nymphe ai-je l’honneur ?

 

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