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La chronique, version Wattpad


Il se passe vraiment tout et n’importe quoi sur mes fils d’actualités. Un survol fortuit d’un article critiquant pour la énième fois les chroniques sur Wattpad s’est recoupé avec une réflexion actuelle sur la représentation des femmes dans la New Romance (entre autres) et mon incapacité à écrire une fiction type de ce genre.

Tout d’abord qu’est-ce qu’une chronique ?

Petite définition trouvée sur le web (merci Wikipedia):

 Une chronique est un recueil de faits, consignés par ordre chronologique

Sur Wattpad cela correspond surtout au récit d’un héros (plus souvent d’une héroïne d’ailleurs) qui se sort d’une situation difficile (mariage forcé le plus souvent, kidnapping, viol, etc) et finir par trouver l’amour et le bonheur.
Pour prendre un exemple fictif, une fille de la téci (cité, quartier sensible d’une ville), mariée de force à un thug (bad boy des cités) finit par tomber amoureuse grâce aux enseignements de son dieu (dont l’identité importe peu, on ne va pas se lancer dans un débat théologique).

Ce genre de récit se base malheureusement soit sur des fantasmes, soit, pire encore, sur du vécu ou du connu. Le fond a un fort potentiel car présente une situation difficile que trop de femmes connaissent et cherchent à en trouver une issue qui soit assez favorable à l’héroïne, le happy ending.

L’inconvénient est que les issues proposées par ces fictions sont trop souvent fallacieuses ou faussement  favorables à la demoiselle.

Fallacieuses ? L’héroïne tombe magiquement amoureuse de son mari imposé qui finalement s’avère aussi doux qu’un agneau. C’était l’homme idéal, dans tous les cas elle l’aurait épousé. Pour l’idée pourquoi pas ? Ce monsieur qui épouse une femme qui ne l’aime pas est peut-être simplement une âme charitable qui veut aider son prochain. Sans lui cette pauvre fille aurait probablement fini sous un pont, faible comme elle est.

Faussement favorable ? La nouvelle épouse se réfugie dans sa religion/les règles de monsieur pour correspondre à ses attentes. Et comme elle est bien soumise il ne la frappe plus. Elle plie pour trouver une sorte de bonheur dans son malheur. C’est la pire des solutions et celle dont j’ai le plus entendu parler (dans la vraie vie).

Ces fictions apprennent à des filles en difficulté  à s’en sortir, à limiter la casse du moins. Mais je n’ai encore jamais vu de fiction où la demoiselle va porter plainte. Faut-il le rappeler le mariage forcé est illégal en France ? D’un autre côté ces chroniques expliquent souvent assez bien la détresse initiale de l’héroïne qui a plus que peur de se retrouver sans rien. Elle qui vit au début de l’histoire sous le joug de ses parents et passe sous celui de son mari n’a pas vraiment d’alternative hormis celle de tout plaquer. Car partir équivaut bien souvent à passer de la dépendance totale à l’indépendance totale. Une indépendance à laquelle elles n’ont jamais été préparées, pourquoi apprendre aux filles à se débrouiller seules ? Elles commencent par savoir lire et après elles donneront leur avis (sic).

Il est donc logique de voir dans les chroniques des héroïnes plier l’échine pour survivre. Cela ramène à la question de la place de la femme dans la société et, ici, dans la littérature. Il serait de bon ton de mettre en avant les oeuvres d’auteurs de chroniques dont l’héroïne a réussir à se sortir de ce cercle infernal.

Hop premier appel à fictions, si vous en connaissez une, envoyez le lien ici

Un mot sur la qualité de ces chroniques si décriées, elles sont tellement populaires et tellement bourrées de fautes. J’ai horreur des fautes mais, si nous nous intéressons quelque peu à l’histoire, nous nous rendons rapidement compte du contexte dans lequel vit l’héroïne et bien souvent l’auteur. Je n’ai pas lu beaucoup de chroniques avec des parents aimants et de tout soutien. Pas facile d’être bon en orthographe lorsqu’il n’y a personne pour vous corriger ou ne serait que vous rappeler l’importance d’un français correct. Au lieu de rire à gorge déployée de ces fictions nous pourrions peut-être en aiguiller les auteurs vers des logiciels d’aides. Et la mère morale que je suis a écrit la phrase précédente plus pour elle que pour ses lecteurs. Faites ce que vous voulez, moi j’aimerais voir ce nombre d’atrocités orthographiques diminuer, quitte à passer du temps à rédiger des commentaires d’aide. Le souci est qu’en face les auteurs sont souvent grognons, pour qui nous prenons-nous à vouloir venir leur faire une remarque ? A chaque fois j’ai envie de répondre « Je me prends pour moi. » ce qui en soi ne veut pas dire grand-chose. J’aurais au moins essayer. Des idées pour changer ça ? 

C’était un aspect d’une vaste réflexion en cours à propos de l’image de la femme dans la littérature actuelle.

Axel.

 

 

 

Mum 2.0. S'occuper du petit tigre à 5 heures du matin
Ce sont mes ognons ou comment creuser les fossés

Presque jeune auteur de 30 ans, maman 2.0 de deux petits tigres. A court de temps mais pas d'idées.

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