[Purgatoire] 00 : Prologue

[G&L] Chapitre 12 : Beau destrier blanc
5. Clans

Immortels tome II : Purgatoire est en préparation.

Sortie officielle le 25 juillet 2016 sur Wattpad mais, pour vous faire patienter, en voici le brouillon.

Bonne lecture !

« Il était une fois un dieu, non deux dieux… Ou peut-être trois en fait. Après tout ils ne sont peut-être pas les seuls. Est-ce que le Diable compte comme un dieu ? Oh et puis zut ! Il était une fois deux êtres abominables qui se battaient pour une raison qui m’échappe totalement et ont décidé de tuer le plus d’êtres humains possible pour récupérer leurs âmes. Jusque-là Dieu gagnait haut la main avec ses guerres saintes mais Zelyan et son Déluge ont fait pencher la balance… Chacun y allait de sa petite rengaine pour justifier ses meurtres. Gloire divine par-ci, adulation par-là, la seule chose qui importe est d’avoir un nom plutôt que l’autre en tête lors de la mort. Tout cela pour une querelle vieille de plusieurs millénaires que personne ne connaît à part eux deux mais par contre tout le monde en subit les conséquences. Pas un pour rattraper l’autre, non mais vraiment ! Père et ses discours moralisateurs à la noix je le retiens, « Le plus grand bien Ereyne ! », le plus grand bien nécessitait-il de tuer tous les habitants de Greyhall ? Je ne crois pas non ! Non, non pas vraiment ! Et Zelyan ! « Et si je tuais tout le monde en les noyant ? » Quelle bonne idée, quelle très bonne idée ! Tuons tout le monde, créons des catastrophes nucléaires et détruisons toute vie sur Terre. Je suis sûre que la météorite a fait moins de dégât que les centrales noyées par le Déluge. Et me voilà à aller le chercher parce qu’il s’avère que DIEU NE VAUT PAS MIEUX QUE LE DIABLE !!! »

 

Ereyne descendait dans les entrailles du monde tout en râlant à voix haute. Déverser sa colère sur les pierres était un exutoire à la peur qu’elle ressentait. L’enfer, les enfers même, était un endroit dans lequel elle n’avait pénétré qu’une fois pour y être enchaînée et elle n’avait pas du tout envie d’y retourner. Lorsque Zelyan l’y avait traînée elle avait découvert un monde brûlant, empli de douleur et de peine et, une vampire dans une cage. La vision de la créature était revenue furtivement à l’esprit de l’immortelle qui, trop choquée par son séjour en bas elle l’avait occultée. A présent elle se demandait qui pouvait bien être cette vampire et ce qu’elle faisait enfermée dans la chambre du Diable.

 

La chambre du Diable… La chambre de Zelyan. Il n’avait fallu que quelques mois à Ereyne pour soulever l’hypothèse que Zelyan soit le Diable. L’idée lui était venue peu après qu’il ait réduit son village natal en cendres, une telle haine ne pouvait venir que d’une créature profondément maléfique. Mais la supposition était repartie aussi vite qu’elle était arrivée, ni le Diable, ni Dieu ne daigneraient se mêler aux mortels. Et Zelyan lui paraissait tellement… humain, malgré ce qu’il prétendait. Certes il mâchait des triceps au petit-déjeuner mais il lui arrivait d’avoir un peu de gentillesse, d’intérêt, envers d’autres que lui.

 

L’idée qu’il soit le Diable était revenue avec la seconde guerre céleste, celle qui fut marquée par la grande bataille de l’Olympe, Zelyan connaissait toutes les volontés du Diable mais n’était pas descendu le voir depuis des années. Mais Ereyne l’avait encore une fois repoussée, Zelyan avait pris des coups, de violents coups. Le Diable était plus fort c’était certain, donc Zelyan ne pouvait pas être le Diable. Lorsqu’Ereyne n’avait pas cette supposition en mémoire il lui était plus facile d’aimer Zelyan, ou moins difficile. Car même s’il n’était pas le Diable il n’en demeurait pas moins un individu cruel, dépourvu d’humanité, qui ne rechignait pas à tuer ou bien à faire souffrir lorsqu’il en éprouvait le besoin.

 

Le jour où il l’emmena dans cette tour l’idée revint effleurer l’esprit d’Ereyne et ne la quitta plus. Car cette fois l’immortelle ne trouva pas d’excuse valable pour expliquer l’absence du Diable. Elle était en enfer, dans son royaume, et elle ne l’avait vu nulle part. N’avait-il donc pas la curiosité de la rencontrer elle la fille du Premier Homme ? Certes elle n’était pas Adam mais constituait également une prise de choix. Mais non, le Diable ne s’était jamais montré. En remontant et dès lors Zelyan multipliait les allusions étranges. Ou bien elle les détectait plus clairement depuis ce séjour en enfer.

 

Elle avait alors passé un cap, l’idée avait germé mais Ereyne l’avait purement et simplement niée. Elle ne l’admettait pas. Cette négation fut son salut, sa bulle protectrice. Nier cette évidence, lui faire une petite prison mentale lui permit d’avoir une certaine stabilité psychique. C’était assurément l’un des verrous posés sur ses pouvoirs mais admettre ces dons, si utiles qu’ils fussent, eut été reconnaître celui qui avait offert ces dons. « Tu es mon égale » disait souvent Zelyan. Ereyne ne pouvait pas concevoir être l’égale du Diable, sa santé n’y résisterait pas. Alors elle l’avait nié jusqu’à ce que la vérité lui éclate au visage.

 

« Toi et moi sommes la meilleure équipe que cette terre ait jamais portée » avait alors dit Zelyan tandis qu’Ereyne luttait pour ne pas perdre l’esprit, rongée par sa culpabilité. Tout espoir de Paradis s’était envolé, à jamais. Ereyne passerait l’éternité et le reste avec le Diable.

 

—  Je suis l’égale du Diable, il ne peut rien m’arriver, déclara Ereyne en arrivant dans les limbes. Je suis l’égale du Diable il ne peut rien m’arriver, je suis l’égale du Diable il ne peut rien m’arriver.

 

A force de le répéter cela allait peut-être s’avérer vrai.

 

La grande caverne était plus emplie qu’un stade de football américain par soir de Super bowl. Ereyne ne distinguait même pas le fleuve situé un peu plus loin tant le nombre d’âmes entre elle et le Styx était important. Les morts massés découvraient hagards ce lieu, première de leurs demeures dans l’au-delà et, pour certains, la dernière. Ereyne déglutit puis leva le menton et mit un pied dans l’herbe douce. Elle avança d’un pas faussement assuré à travers la foule de défunts. Impressionnés, les morts s’écartèrent sur son passage. Contrairement à eux Ereyne était entière, consistante, il était impossible de voir à travers son corps encore charnel. Un vieillard s’approcha d’elle en boitillant, agrippé à sa canne. Il avait eu la chance de mourir vieux, Déluge ou pas sa fin était proche alors il n’avait plus peur de grand-chose.

[G&L] Chapitre 12 : Beau destrier blanc
5. Clans

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