1. Traçabilité de la viande

2. PVC+

 

Sa course était régulière, son galop souple. Iain parcourait les massifs du nord de la Grèce avec rapidité et facilité. Il neigeait sur les forêts mais le loup-garou n’en avait cure. Peu lui importait le froid et les bourrasques glaciales, encore quelques heures et il atteindrait sa destination. Lorsqu’il galopait ainsi rien ne pouvait l’arrêter. Il appréciait énormément sa forme sauvage : libre, indépendante, loin des contraintes du monde. La majorité de ses semblables vivait en meutes bien hiérarchisées mais il n’était pas comme eux. Iain était un solitaire qui ne respectait rien ni personne, exception faite de son père, Zelyan, celui qui l’avait transformé.

 

A mesure qu’il approchait de sa destination, l’humeur du loup se dégrada. Il n’aimait guère son futur hôte, pourtant de sa famille. Son frère avait des mœurs qu’il désapprouvait profondément. En vérité seul leur père avait maintenu un semblant de cohésion au sein de la famille. Et Zelyan avait disparu depuis bien longtemps. La lutte fratricide n’était guère loin.

 

Sa course s’acheva en haut d’un mont couvert par les neiges éternelles. Iain s’arrêta devant les immenses portes de bois et de bronze. Leur façade noircie par les flammes de l’ennemi et cabossée par les coups des titans témoignaient de la violence de la dernière guerre. Iain se demanda un instant pourquoi elles n’avaient jamais été réparées mais, connaissant son frère, il se douta de la raison. Ces traces étaient la preuve flagrante de la victoire, les portes avaient tenu, elles n’avaient jamais cédé à la pression de l’ennemi.

 

Il entendit un bruit sourd puis les grandes portes s’ouvrirent devant lui et le laissèrent entrer. Iain pénétra dans la cité et fit quelques pas avant de reprendre forme humaine. Un comité d’accueil était là en la présence de son frère aîné. Iain soupira en constatant qu’il n’avait rien perdu de son extravagance. L’homme en face de lui sembler sortir tout droit d’une machine à remonter le temps, bloquée à la Renaissance. Il avait le teint fardé, une mouche près de l’œil, « l’assassine » si Iain se rappelait correctement de la signification de la position. Il portait également une longue perruque poudrée et bouclée dont aucune fibre ne faisait rébellion. Iain posa un instant les yeux sur sa tenue d’un rouge écarlate brodée de fils d’or et détourna les yeux aussitôt tant l’éclat du vêtement lui brûlait les rétines.

 

— Te voilà enfin John ! s’exclama l’homme.

 

Iain répondit par un sourire, tout le monde l’appelait John, rares étaient ceux qui connaissaient son véritable nom. Zelyan l’avait nommé ainsi par erreur le jour où il avait fait de lui un loup, son fils. C’était resté, nul ne contredisait Zelyan.

 

— Je vois que tes semblables et toi n’avez toujours pas la notion de décence, ajouta l’aîné avec un regard appuyé sur le corps de Iain.

 

Comme à chaque fois qu’un loup reprenait forme humaine, il était entièrement nu. C’était l’une des raisons pour lesquelles certaines meutes vivaient pratiquement constamment sous leur forme sauvage.

 

— Je vois que tu es toujours aussi coquet Zeus ! rétorqua Iain, quand es-tu parti chasser de l’humain pour la dernière fois ?

— Nous avons des élevages d’humains cher frère, courir dans la boue pour les attraper est un manque de raffinement patent. Nous avons même le meilleur élevage de tout l’hémisphère nord, même Waban et ses natifs américains pur souche ne rivalisent pas avec l’exigence et le palais de Dionysos.

— Je ne peux que t’accorder ce point, concéda Iain, Dionysos est à coup sûr le meilleur de tes descendants.

 

Zeus sourit largement au compliment, la gloire de son fils se reportait sur lui, et dévoila ainsi ses canines.

 

— Nous n’avons pas le flair des loups mais nos papilles n’ont rien à vous envier, déclara le vampire.

 

La vieille rivalité se réveillait entre les frères, comme à chaque rencontre, vampires et loups avaient des mœurs et habitudes si différentes qu’il était étrange de savoir que les deux espèces étaient nées d’une même créature : Zelyan.

 

Iain ne répondit pas à son aîné, il était invité dans sa demeure et conservait un minimum de savoir-vivre. Meilleure serait leur entente et plus vite il pourrait quitter les lieux. Face à lui Zeus sembla songer la même chose. Le vampire approchait des six mille ans d’existence et, malgré les apparences, avait acquis un peu de sa sagesse. Sous ses airs extravagants se cachait un véritable chef de guerre et un meneur né. Si désordonné puisse sembler son royaume il en était le maître absolu et tous répondaient présent au moindre appel.

 

— C’est ta première visite ici non ? demanda le vampire au loup qui acquiesça. Dans ce cas, John, bienvenue sur l’Olympe !

 

2. PVC+

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