[Darkness] 2. Banquet

[Darkness] 1. Cérémonie

La messe prit fin et l’église se vida. Une longue procession se forma au dehors, menée par Clifford. L’homme salua ses serfs, jeta des pièces aux enfants avant de rappeler à tout le monde qu’un banquet attendait le peuple dans la grande salle. L’annonce, bien que connue, fut saluée par une clameur. Puis, Clifford emmena ses nobles hôtes dans une seconde salle, un peu plus petite, où d’autres tablées les attendaient. Les hommes de main avaient chassé toute la veille afin que les tables du banquet croulent sous le poids des victuailles. Les fils de Clifford s’étaient joints aux chasseurs et avaient attrapé nombre des bêtes à présent étalées sur les tables.

Encore mal remise de la messe, Sabine prétexta un mal de tête pour rester calfeutrée dans les jupes de Lucrecia dont l’air pincé et la tenue de deuil suffisaient à maintenir la majorité des invités à distance. La salle d’armes avait été délestée de sa décoration militaire pour une autre un peu plus fleurie. Une troupe de troubadours égayaient les cœurs et les coupes dorées se vidaient à tour de bras. Une centaine de nobles hommes et femmes se trouvaient ici rassemblés, l’heure était à la fête et tous n’avaient qu’une discussion au bout des lèvres : le tournoi qui se déroulerait le lendemain. Certains chevaliers faisaient déjà office de favoris et suppliaient les damoiselles et autres gentes dames de leur offrir un ruban afin de leur garantir la victoire.

Sabine cherchait du regard Adam, l’un des chevaliers et ami de ses frères. Il avait fait ses classes avec le cadet et avait déjà séjourné quelques étés au château. Elle avait un faible pour lui, il était noble de naissance mais surtout de cœur. Il ne manquait ni de courage ni de générosité, à vrai dire seul un titre lui manquait. Adam n’était que le second fils, voué à la guerre, mais cela n’empêchait pas le cœur de la jeune femme de battre pour lui. Elle lui vouait un amour d’enfant qu’elle était alors et seul Dieu connaissait les sentiments qu’elle avait pour lui.

Elle était en train d’écouter sa sœur Maria et sa tante Lucrecia se disputer à voix basse à cause d’un voile mal fixé lorsqu’elle le vit s’approcher d’elles. Son sang ne fit qu’un tour et elle rougit comme une idiote alors qu’il n’était pas encore arrivé. Elle n’était pourtant plus une enfant, elle savait se contenir, en théorie. Du haut de ses quinze ans elle était jolie, un peu menue, et cultivée. Lucrecia et plus généralement sa lignée maternelle mettait un point d’honneur à éduquer la descendance. Le pouvoir passait par le savoir, l’argent, et la dévotion envers le Seigneur et la famille. Et toute cette éducation s’envola lorsqu’Adam apparut devant les trois femmes. Il s’inclina devant elles, les salua chaleureusement l’une après l’autre et leur dédia un sourire qui ravit les plus jeunes.

— J’ose vous interrompre afin de vous demander une faveur, je ne puis décemment affronter mes adversaires sans un gage d’amour de votre part. Gente Maria faites-moi l’honneur de m’offrir un ruban.

Le sang quitta le visage de Sabine aussi rapidement qu’il était monté alors que Maria souriait, illuminant son visage déjà beau et usait des charmes habituels pour se faire désirer avant de céder à cette requête qui plaisait à l’un autant qu’à l’autre. Maria, d’un an l’aînée de Sabine, avait la douceur et la modestie pour atouts principaux. Elle compensait un visage banal par une joyeuseté communicative. A ses côtés, la plus jeune se trouvait pâle, effacée, si bien qu’elle ne tarda pas à s’éclipser sans bruit. Elle quitta la grande salle d’armes…


Grand record, histoire coupée en plein milieu d’une phrase.

A continuer ou à abandonner ?

[Darkness] 1. Cérémonie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *