[Nemesis] Chapitre 06 : Le club des cinq se rassemble

[Nemesis] Chapitre 05 : Le club des trois
[Nemesis] Chapitre 07 : Ferveur (draft)

Ocean pianotait sur son smartphone avec un rythme effréné tandis qu’il entraînait les autres vers l’aile de la maison qu’il partageait avec son frère aîné, absent. Il correspondait à toute allure avec Japet qu’il tenait informé de la situation. S’il était une personne qui haïssait Cronos plus qu’Ocean c’était bien son meilleur ami qui ruminait chez lui tel un lion en cage.

– Océan, dit brusquement Crios, tu n’as pas fermé la porte du placard.
– Quoi ? Demanda l’intéressé.

L’adolescent répéta sa remarque en insistant bien sur le dernier mot. Ocean réfléchit un instant puis comprit les insinuations de son ami. Il pâlit et accéléra le pas pour prendre un peu d’avance si bien que, lorsque les trois autres arrivèrent dans le petit hall qui formait l’entrée de l’aile des jeunes, ils le virent dos à une porte en bois, l’air soulagé. Il s’approcha de Crios et lui serra la main, reconnaissant.

– Merci mec.

– Je t’en prie.

Cela n’avait pas échappé à Thétys, qui s’avança jusqu’aux deux adolescents.

– Comment as-tu su pour le placard ?

Crios eut un petit sourire et lui glissa un mot à l’oreille.

– De la même manière que je sais ce que tu es, et ce bien que tu n’en sois pas encore toi-même consciente.

L’adolescente en resta coîte de surprise. Crios avait le goût du mystère, elle voulut le questionner mais il esquiva et partit tout simplement se chercher un bon livre. En ces temps d’incertitudes et de mort, là où Thétys, Cronos et même Ocean avaient la tête en feu à cause des mille questions qui leur montaient à la tête, lui s’asseyait tranquillement et bouquinait. Il paraissait si calme que Crono s’emporta en le voyant ainsi.

— Bordel tu crois que c’est le moment abruti ?

— Il n’y a pas d’heure pour Hemingway, abruti.

Cela mit l’autre encore plus en colère. Ils avaient l’air d’un chien aboyant après un chat. Ocean lui faisait les cent pas devant les fenêtres et ne cessait de jeter des coups d’œil au dehors. Et au milieu de tout cela Thétys, outsider s’il en était, luttait contre l’envie de prendre ses jambes à son coup.

— Que se passe-t-il ici ?

Elle avait essayé de demander cela calmement mais sa voix avait tremblé. Tout allait de travers depuis son départ de New York. Non, cela avait commencé la veille, alors qu’elle quittait le cinéma après une séance entre copines. La ruelle était sombre, l’homme était sorti de nulle part, suant la perversion par tous les pores. Thétys avait lu en lui comme s’il avait prononcé ses pensées, elle avait ressenti ses pulsions aussi profondément que si elles provenaient d’elle-même. L’adolescente avait alors reculé mais il fut plus agile qu’elle et l’attrapa par le bras. Elle hurla, paniquée et folle de rage alors qu’elle échouait à se défaire de sa poigne. Plus elle se débattait, plus l’homme riait, jusqu’à ce que lui aussi se mette à hurler, de douleur. Il la lâcha pour porter ses mains au niveau de sa tête et tomba à genoux. Il se mit à la supplier d’arrêter de faire une chose sur laquelle elle n’avait aucune prise. Les jambes figées par la peur Thétys n’eut que ses yeux pour le voir agoniser et mourir, du sang coulant de ses oreilles. Elle reprit peu après ses esprits, du moins assez pour courir, et s’enfuit le plus loin possible. Ses parents l’avaient trouvée en larmes sous leur lit, saine de corps mais pas d’esprit. Elle eut toutes les peines du monde à leur raconter, ils devinèrent plus qu’ils n’entendirent son récit. Charlotte partit en quête du corps, elle ne souffla mot de ce qu’elle vit ni ne fit là-bas. L’homme était-il réellement mort ? Les journaux ne parlèrent d’aucune mort suspecte et dès le lendemain ils étaient dans un avion pour l’Oregon avec armes et bagages. Vivent New York et ses déménageurs disponibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Moins de quarante-huit heures plus tard Théthys se retrouvait dans un état inconnu, dans une ville inconnue, dans une demeure inconnue entourée par trois adolescents inconnus et bizarres. Tout, elle donnerait tout pour retrouver le confort de sa vie newyorkaise.

Crios la sortit de ses pensées en refermant son bruit d’un coup sec. Il se leva en déclarant qu’il leur fallait un verre, marcha d’un pas vif vers un petit comptoir de bois massif qu’il contourna pour attraper l’une des gourdes qui pendaient là. Il saisit ensuite cinq verres et les remplit d’un liquide ambré.

— Mec t’es flippant à tout savoir, commenta Ocean alors que Crios refermait la gourde.
— Tu parles de ça ? demanda l’autre en agitant le récipient, je t’ai déjà vu t’en servir tu sais ? Rien de flippant là-dedans.
— Je parlais des verres.
— Qu’est-ce qu’ils ont ? s’enquit Thétys en acceptant celui que l’adolescent lui tendait poliment.
— Oui, quoi les verres ? ajouta Cronos en se servant seul.
— Il y en a cinq, répondit Ocean.
— Et alors ? Crios ne sait pas compter voilà tout.
— Mais si je sais compter, répondit le susnommé, ignare.

Cronos voulut l’attaquer verbalement mais la porte s’ouvrit à cet instant et dévoila un Japet en sueur et trempé, un casque de vélo à la main.

— Faut vraiment que je répare ma caisse, annonça l’adolescent qui remercia Crios pour le verre offert et but d’une traite le liquide. Bon alors quel est le problème ?

Cronos ricana et se tourna vers Crios, toujours fier de lui, qui remuait tranquillement son whisky.
— Prescience hein ? Pas mal.
— Je dois avouer que j’étais assez déçu à l’origine, confessa Crios, mais cela a ses avantages.

Il… voyait le futur. Thétys en laissa tomber son verre qui explosa au contact du sol. Ocean grommela quelque chose à propos d’un don sélectif puis partit en quête d’une éponge. Japet lui, décida d’aller à la rencontre de la nouvelle.

— Japet Wilson, enchanté. J’imagine que ces rustres ont oublié leurs bonnes manières et n’ont pas fait les présentations. Monsieur parfait qui lit les cartes -Hey ! s’exclama Crios- c’est Crios Ford, il a des manières de gentleman mais évite de t’y fier, il prend tout le monde pour des idiots, surtout depuis son anniversaire. Le rustre là-bas c’est Cronos Evans, fais-lui un sourire et tu l’auras à tes pieds -Ne me caricature pas Japet !-, je plaisantais ! Cronos et moi sommes potes depuis un bail, nous fréquentons les mêmes gens, sauf Ocean que Cronos ne peut pas voir en peinture. Quant à notre hôte…
— Ocean, murmura Thétys, merci pour les présentations.

Japet lui sourit et la regarda intensément quelques instants avant de l’inciter à continuer.

— Et toi ?
— Oh, pardon, Thétys Green-Lewis. Je viens de New-York.
— Ses parents ont acheté la maison de la vieille Matherson, ajouta Ocean. Il paraît qu’elle est hantée.
— Ce n’est pas une rumeur, je les ai vus ! confirma Thétys avec un frisson.

Elle avala une grande gorgée de sa boisson et manqua de s’étrangler avec. Elle regarda Crios et lui demanda ce qu’il avait mis dans ce verre ce à quoi l’adolescent répondit en s’étonnant du peu de connaissances en whisky de la newyorkaise.

— Je pourrais passer chez toi bientôt ? demanda Japet, j’ai très envie de rencontrer les fantômes de la demeure, est-ce qu’ils ont tourmenté la vieille folle ? Elle a toujours mon ballon…
— Pourquoi suis-je la seule ici à avoir peur des fantômes ?
— Parce que tu es la seule à avoir des parents ingrats ?

 


Merci d’avoir lu ce chapitre !

 

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