[Nemesis] Chapitre 05 : Le club des trois

[Nemesis] Chapitre 04 : Revanche
[Nemesis] Chapitre 06 : Le club des cinq se rassemble

Théthys se crut passée de Charybe en Scylla lorsqu’elle découvrit la demeure d’Ocean. Mieux entretenue mais tout aussi grande, la maison comptait au minimum trois ailes et l’adolescente pu jurer qu’elle avait vu un cimetière non loin.

— Moins flippant que la maison de la vieille Matherson non ? fit remarquer Ocean alors qu’il ôtait sa ceinture de sécurité.
Il avait garé la voiture dans l’un des garages tandis que les officiers de police avaient conduit les parents de la jeune femme devant l’entrée principale. Thomas les accueillit avec un semi-sourire, et Thétys comprit pourquoi sa mère avait un peu plus tôt confondu père et fils : hormis les signes liés à l’âge ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Le fils s’éclipsa aussi rapidement qu’il le put, Ocean avait certes été charitable en venant en aide à Thétys mais toute cette histoire ne lui plaisait guère et si son père s’en allait cela irait de mal en pis. Seulement Thomas ne l’entendit pas de cette oreille et ordonna à son fils de les rejoindre dans le salon.

L’adolescent y découvrit plus de monde que prévu. Henry Ford était là, confortablement installé sur l’un des canapés de cuir blanc. Il était le père de Crios, l’un des camarades et amis de l’adolescent. Son fils là également, Crios était toujours de bon conseil, il avait le don de toujours deviner correctement l’avenir et l’utilisait pour tourner les situations à son avantage. Face à eux se tenaient Charlotte et Amias, le couple bien moins touriste qu’il n’y paraissait de prime abord. Thétys s’était recroquevillée dans un fauteuil près du feu et un peu à l’écart. Elle lui fit pitié si bien qu’il décida d’aller lui offrir le plaid qu’il savait être rangé dans un coffre sous la fenêtre.

Mais pour l’atteindre Ocean devait passer devant Cronos et son père, Alec Evans, chose qui ne lui plaisait guère. Entre Cronos et Ocean c’était viscéral, ils se haïssaient cordialement et pour autant qu’il le sût, il en était de même entre Alec et son père.

— Qu’est-ce qu’ils font là ? demanda froidement l’adolescent à son père qui servait un verre à Charlotte, sa vieille amie.
— Nous sommes venus chercher des informations sur le coupable. Tu te sens visé Ocean ? répliqua Cronos sur le même ton lorsque l’adolescent passa devant lui. A moins que ce ne soit elle ? ajouta-t-il en pointant le menton vers Thétys qui frémit en le voyant faire.
Ocean posa la petite couverture qu’il avait récupérée sur les genoux de l’adolescente qui murmura un remerciement puis revint vers son meilleur ennemi et le toisa de toute sa hauteur.
— Tu veux que je t’éclate la tête ? rugit-il.
— Essaye seulement ! rétorqua l’autre.
— Cela suffit vous deux ! gronda Thomas, nous sommes entre adultes alors tenez-vous !

Le maître de maison invita tout le monde à s’asseoir puis débuta la réunion en assurant à Alec et son fils qu’aucune personne ici n’était responsable de la mort de l’adolescente.

— Sa mort est tragique mais ne doit pas créer de climat de suspicion entre nous. La paix règne et il serait bon que cela reste ainsi.
— Il y a eu trois morts Thomas, déclara Alec, trois adolescentes, et elles étaient toutes du lycée public. Comme par hasard.
— Les filles de Saint-Peter se font toutes ramener en voiture, si ce n’est en limousine, précisa Crios de sa voix nonchalante.
Il mit en arrière une mèche de cheveux longs, reprit une inspiration puis continua de la même voix lente.

— Et plus généralement elles se déplacent toujours en meute, impossible de les approcher seules et croyez-moi j’ai essayé.

Ocean explosa de rire bien malgré lui. La description qu’il avait faite des demoiselles de l’établissement était assez proche de la vérité, surtout concernant le déplacement en meute. Crios le savait bien pour avoir essuyé un refus trois jours plus tôt. Ocean visualisa quelques-unes de ses collègues et eut l’image furtive d’un troupeau de moutons.

Son éclat de rire détendit un peu l’atmosphère, Cronos lui-même esquissa un sourire alors qu’il admettait que tout n’était pas faux dans cette description.

— Il n’empêche qu’il y a eu trois morts et qu’il est hors de question que le tueur, ou les tueurs, ne soit pas arrêté, reprit Thomas Hills.
— Je ne voudrais pas te couper Thomas, dit brusquement Henry qui sentait que la conversation allait deviner extrêmement sérieuse, mais avant tout pourrais-tu nous présenter tes invités ? J’ai toute confiance en toi mais notre discussion nécessite un peu de discrétion.

Thomas sursauta comme s’il avait été piqué par une bestiole et fit rapidement les présentations.

— J’ai rencontré Charlotte voilà une vingtaine d’années, alors qu’elle tournait autour de la maison de la vieille Matherson, imagine-toi que sa famille vivait là avant les Matherson. Charlotte et moi avons quelques… similitudes, si tu vois ce que je veux dire.
— Amias aussi, ajouta Charlotte en passant un bras autour des épaules de son homme. Il est exceptionnel en de nombreux points. Quant à notre présence ici, nous sommes venus en Oregon car Thétys vient d’avoir seize ans et que New York est pour l’instant à proscrire, trop de monde, trop de risque. Nous avons découvert le corps de la malheureuse dans la forêt et, pour ne rien arranger, la maison de la vieille Matherson est hantée.
— Je vais m’en charger mon amour, ne t’inquiète pas, déclara Amias, ils ne résisteront pas à la force de notre amour.
— Oh Amias, tu es l’homme parfait, répondit Charlotte avant de langoureusement embrasser son mari.

Personne n’osa bouger pendant quelques instants, ne sachant comment séparer ce couple en pleine exploration respective du palais. Ce fut Thétys qui, habituée, les ramena à la réalité. L’adolescente leva les yeux au ciel puis soupira fortement.

— Ieurk ! Vous ne savez vraiment pas vous tenir !

Sans aucune honte Amias et Charlotte se séparèrent et reportèrent leur attention sur les autres personnes présentes.

— Bon, décida Thomas une fois le calme revenu, Ocean, emmène les autres ados dans ton aile, faites une soirée pyjama, ou jeux vidéo peu importe. Nous avons à discuter.

Quatre voix s’élevèrent pour exprimer leur mécontentement mais Thomas, aidé par les autres adultes ne voulut rien entendre et leur montra la porte.

— Tantôt je suis un adulte, tantôt tu me traites comme un gosse !
— Les filles mortes sont de notre âge, nous avons le droit de savoir et d’agir !

— Au lit !
 


Merci d’avoir lu ce chapitre !

 

[Nemesis] Chapitre 04 : Revanche
[Nemesis] Chapitre 06 : Le club des cinq se rassemble

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *