MortelAvent

02 décembre 2017

– Enlevez-moi ça ! Enlevez-moi ça ! criait Ereyne en sautillant à travers la plaine.

Où qu’elle regardât, où qu’elle marchât, elle écrasait une pauvre âme déjà broyée et cela l’attristait et la dégoûtait. Le pauvre Caron était tout dépité et s’empressa d’écarter la neige autour d’eux afin qu’elle puisse arrêter de sauter en tout sens.

– Je suis désolé, je pensais que tu aimerais la neige, dit-il penaud.

– La neige oui, pas les morts, soupira Ereyne avant de déposer un baiser sur la joue du passeur.

Cela partait d’une bonne intention. Elle en convenait et pardonna aussitôt à son ami.

– Ah Caron, ricana Zelyan qui avait repris forme humaine, l’enfer est pavé de tes bonnes intentions. Ma douce, j’ai hâte que tu prêtes attention aux détails de la décoration que tu trouvais si jolie. Ne remarques-tu donc pas tous ces petits détails ? Ces jolies phalanges arrangées en grappes qui pendent du plafond comme autant de boules de gui ? Ni ces jolies guirlandes d’os ? C’est un travail réellement exceptionnel Caron, je t’en félicite.

A présent qu’il l’avait dit, Ereyne ne voyait plus que cela et retint un haut le coeur. A côté la « neige » paraissait presque supportable.

– J’ai fait avec ce que j’avais, annonça Caron. C’était impossible de trouver la moindre boule de Noël, la moindre décoration, aucun mort n’en avait sur lui.

Le monde avait changé, profondément changé, partout. Sauf peut-être du côté du Vatican. Là-haut, du sommet du balcon papal, Gabriel avait béni les illuminations et lancé les festivités de fin d’année. Dans quelques semaines ils célébreraient la naissance du fils de Dieu et, particulièrement cette année, le renouveau de la foi.

Le Vatican était magnifique, un joyau de lumière au milieu d’un écrin de noirceur. Tel un phare il guidait jusqu’à lui les nouveaux pêcheurs, les nouveaux enfants de Dieu qui venaient se repentir à ses pieds. Les masses apeurées, ramenées à l’âge de pierre par les cataclysmes, suivaient les nouveaux chemins de pèlerinage vers Rome et les autres cités saintes.

– Autant d’âmes que le démon n’aura pas, déclara l’archange satisfait en observant les croyants qui priaient en bas de son bâtiment. Ne reste plus qu’à tuer ce qui reste des engeances malsaines de Zelyan et la paix sera de retour.

– Si seulement c’était si simple, murmura Seth debout à côté de lui.

– Le sang du monstre t’a fait perdre la fois Seth, répondit Gabriel, mais n’oublie pas qui t’a vraiment engendré, ni ceux qui t’ont éduqué.

Le vampire ne risquait pas de l’oublier, sa vie n’était qu’une dualité sans fin.

– Regarde, il neige. Encore une beauté divine. La magie de Noël.

Seth rit, oui, c’était bientôt Noël.

– Qu’y a-t-il de si drôle ?

– Je pensais à ma soeur.

Gabriel émit un bruit dédaigneux, elle était en enfer, rien de drôle ici.

– C’est parce que tu ne la connais pas comme moi, dit Seth, bientôt les enfers seront le plus bel endroit sur Terre.

Merci d’avoir lu ce chapitre !

A demain!

Axel.

01 décembre 2017
03 décembre 2017

Presque jeune auteur de 30 ans, maman 2.0 de deux petits tigres. A court de temps mais pas d'idées.

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