18 décembre 2017

Bien loin de toute considération terrestre et infernale, Ève mangeait un fruit, une pomme très exactement. Elle appréciait ce fruit et s’en délectait dès lors qu’elle savait les yeux d’Adam posés sur elle.

– Elle est délicieuse, dit-elle au premier Homme avant de mordre dedans, tu devrais goûter. On la dirait toute droit sortie du jardin d’eden.

C’était une petite plaisanterie de mauvais goût qui valait bien le regard noir qu’il lui lança. Aux yeux du monde c’était de sa faute si les hommes ne vivaient plus dans le jardin de Dieu, autant s’en amuser.
Adam choisit de ne pas répondre, il ne gagnerait pas cette joute verbale. Il orient donc la conversation vers la fête qui se préparait.

– J’ai invité Seth pour Noël, il se joindra bientôt à nous.
-As tu également invité Ereyne ? Voilà près de trois mille ans que je ne l’ai point revue, le temps commence à sembler long.

Adam répliqua que son compagnon n’était guère le bienvenu sur les terres de Dieu.

– Allons-y donc chez eux alors, je n’ai pas eu l’occasion de visiter le château, j’aimerais savoir comment vit ma fille.
– Pour répondre à ta question il est sinistre.
– Il est vrai que tu t’y es rendu l’année dernière. Ce petit moment d’arrogance t’a-t-il comblé?

Adam acquiesça, la vue du ciel illuminant les bâtiments saints depuis Woodcastle et celle de Zelyan à deux doigts d’exploser furent une bénédiction, une joie rarement ressentie.

– Mais cela n’était rien en comparaison de la joie ressentie en voyant ton portrait craché. Ereyne a ta beauté ma chère, ton intelligence et ta vivacité.
-A-t-elle également ma sottise ? Celle de ne pas avoir le cran de lâcher ce compagnon qui me déçoit autant qu’il me ravit ?

Oui, elles avaient les mêmes défauts. L’amour pouvait être la meilleure comme la pire des choses. Ève rappela à Adam qu’il ne la méritait pas tout comme Zelyan ne méritait pas Ereyne. A cela l’immortel n’eut rien à redire si ce n’est qu’il en était parfaitement conscient. Il se sentirait bien seul sans cette agréable compagnie, ce soutien dans l’adversité et ce pouvoir incroyable qui consistait à trouver le bon en chacun.

– Cet optimisme est tout à ton honneur.

C’était plutôt un espoir, une vague utopie, un rêve qu’un jour le meilleur de l’Homme prendrait le pas sur le pire et que l’harmonie règnerait.

– Je n’œuvre que pour cela. Pour que la Terre retrouve son état paradisiaque.
– Vue qu’elle n’a jamais été un paradis, bon courage.

——

Merci d’avoir lu ce chapitre !
Axel.
À demain.

17 décembre 2017
19 décembre 2017

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