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[JAMES] 30. James quitte l’hôpital

Disponible sur Wattpad en intégralité : ici 

Bonne lecture !

Axel.

Elle m’obsède, elle est dans toutes mes pensées. Les médecins cherchent à me faire parler d’autre chose mais ils n’ont de moi que des bribes dénuées d’intérêt. Les phrases que je daigne leur donner sont vides de sens tant mon esprit est ailleurs. Je leur répète encore et encore que je n’ai pas envie de mourir, que ce n’était qu’un accident mais ils persistent dans leur idée folle qu’il me faille un suivi régulier ainsi qu’une surveillance accrue. Je m’en moque, je dis oui à tout pourvu que je puisse sortir d’ici et retourner auprès d’elle. Elle a besoin de moi autant que j’ai besoin d’elle. Nous sommes unis par un lien profond que personne ne peut comprendre, je ne peux pas ne pas penser à elle. Les réunions, les comités directeurs, les heures passées sur les rapports, tout cela n’est qu’enrobage, l’important est ailleurs. Je veux sortir, je veux aller la retrouver.

Ce maudit hôpital est ma maison depuis bien trop longtemps. Ma boîte a eu le temps de s’effondrer trois fois et miss42 s’est certainement retrouvé un mec. Deux semaines, je suis coincé là depuis deux longues semaines. Je n’e peux plus de ces murs blancs, de ces lumières indirectes et froides, de cette ambiance stérile. Je veux revoir Gaia !

Le médecin au regard furibond frappe à ma porte et ouvre avant même ma réponse, il fait comme chez lui. Je distingue à peine ses lèvres camouflées par une imposante moustache qui fusionne avec une barbe brune.
— Vous pourrez sortir cet après-midi, me dit-il à mon plus grand soulagement. Je vais vous donner le numéro d’un spécialiste à consulter urgemment. Nous avons bien compris que ce n’était pas là une tentative de suicide néanmoins vous êtes sujet à une addiction qu’il faut traiter. Vous atteignez souvent les limites de votre corps et les pilules ne font qu’amplifier ce phénomène. Je vous donne le numéro d’un autre spécialiste, celui-là n’est pas un médecin mais il vous aidera à avoir une meilleure hygiène de vie. Il vous faut plus de stabilité.

Il me faut surtout moins de bugs.
— Le stress est à réduire, drastiquement.
— Je suis grand patron, le stress fait partie de mon quotidien.
— Vous allez devoir apprendre à déléguer, à faire confiance à vos employés.

Il veut couler ma boîte, je ne peux rien lâcher. Le chiffrement c’est ma vie, je ne peux pas abandonner l’atelier. Quant aux tâches de direction, je suis le patron, je dois tout contrôler.
— Oui, je comprends.

Cause toujours.

Je l’écoute d’une oreille distraite, j’ai retenu le plus important : je sors aujourd’hui. J’attends son départ pour appeler Sean. Ce grand roux m’a téléphoné tous les jours depuis qu’il a appris mon accident. Son voyage s’est achevé la semaine dernière et depuis il vient également me voir tous les soirs après le travail.
— C’est vrai ? Tu sors ? s’écrie-t-il à l’autre bout du combiné, il n’a pas conscience qu’il existe un bouton de volume. Je passe te prendre à quelle heure ?
— Le plus sera le mieux, j’ai hâte de sortir d’ici.

Je vais faire du ragoût d’infirmière si je reste encore une nuit ici.

Le file avec la vitesse d’un paresseux endormi. Le dernier déjeuner est aussi fade que les autres et lorsque Sean arrive enfin, je l’accueille tel un messie.

— Appelle-moi sauveur, me déclare-t-il avec modestie. Je te ramène chez toi.

Chez moi, dans ce petit studio qui va me sembler bien vide. Le résultat est encore pire que ce que j’avais prévu. Les cartons de miss42 ont été enlevés, il n’y a plus aucune trace d’elle, si ce n’est un petit mot me souhaitant bon courage. Il date d’avant mon séjour à l’hôpital.

— Tu vas l’appeler ? Me demande Sean.

Je ne sais si je devrais.

— Je dois d’abord passer au boulot.

Sean s’éclaircit la gorge, une mauvaise nouvelle me pend au nez. Il m’explique que ma mère s’est mêlée de mes affaires, encore. Elle refuse que j’aille au boulot sans chaperon. Je contiens ma colère avec difficulté. Quel droit ? Mais de quel droit ? Comment ose-t-elle s’insinuer dans mes affaires ? Je l’aime mais elle m’énerve.

— Elle sait que je suis majeur ? Et pourquoi passe-t-elle par toi ?
— Parce que je suis ton meilleur pote ? Et qu’elle est occupée en ce moment et m’a donc demandé de la remplacer ?

Je lutte pour ne pas exploser, mon sang bouillonne, et pourtant je suis sous anti-dépresseur. Quantum est ma boîte, Gaia est mon bébé.
Je remercie Sean pour son aide et me dirige vers mon placard. J’en sors un mac encore dans son carton et le déballe. Mon pc portable est resté au boulot. J’entends vaguement mon ami grommeler que j’ai des habitudes de riches. Il n’y a qu’un richou pour avoir des pcs de secours dans sa piaule.

— Dors d’abord James, tu as les cernes d’un insomniaque.

Je refuse, il n’est même pas quinze heures, mais Sean insiste, me prend le pc des mains. Je résiste, enfin, normalement j’aurais résisté, mais j’ai actuellement la force d’un nourrisson. Sean menace de détruire l’ordinateur si je ne m’allonge pas.

— D’accord, d’accord, mais je te préviens, cela ne marchera pas, je ne vais pas dormir.

Lorsque je rouvre les yeux il fait nuit dehors. Sean est toujours là, un livre dans les mains, assis sur mon canapé.

— « cela ne marchera pas » hein ? Allez tu en avais bien besoin.

Il ricane. Maudit meilleur ami. Je m’étire, j’évite de me regarder dans un miroir et me lève.

— Je crois qu’il reste de la bière dans le frigo. Je t’en sers une ?

Sean ose une remarque sur le mélange médicament / alcool mais je le fusille du regard.

— C’est ça où je vais passer la nuit au taf, avec ou sans chaperon.
— Sympa pour moi qui vais devoir te suivre. Je bosse demain tu sais ?

Je tente de lui expliquer que j’apprécie énormément sa présence tandis que je configure le mac pour accéder à mon réseau d’entreprise, mais que cette histoire de chaperon me sort par les yeux. Je n’ai pas besoin de quelqu’un constamment sur mon dos.

— Ta mère a dit qu’elle serait là demain, en attendant tu as interdiction d’aller au boulot, me dit Sean avant d’enchaîner sur une commande de pizzas.

Il parle et parle mais je ne l’écoute plus, j’ai accès à mon entreprise. Je suis fébrile, je tremble littéralement alors que j’ouvre ma boîte mail. Elle est pleine à craquer de messages non lus, tous plus urgents les uns que les autres. Je lis les objets sans entrer dans les détails, à la recherche des plus pertinents. Au premier abord c’est la panique. Les RH ne savent plus où donner de la tête, certains grands noms ont démissionné, les stagiaires ont quitté le navire et je crois même voir que le rachat du Grant Group est en péril. Peu importe, l’information que je cherche n’est pas là, elle est cachée dans un dossier. Le bug dans le cœur du fils de Gaia a été réparé, les ingénieurs ont trouvé et résolu le problème. Nous sommes sauvés.

J’ai l’impression d’être un Robinson Crusoé sauvé par un paquebot de luxe. Mon bébé est sauf. C’est une vague de chaleur qui se répand en moi, toute la pression retombe d’un coup. Heureusement que je suis assis par terre, la chute n’était pas loin.

Quelques coups sont frappés à la porte, rapide ce livreur. Sean va ouvrir et laisse place non pas au dîner mais à ma miss42. Son tailleur sombre lui va à ravir. Elle a l’air d’une femme d’affaires sexy. Elle s’excuse de ne pas être arrivée plus tôt, elle était à son boulot, elle. Sean l’accueille avec une embrassade qui active en moi les instincts les plus primaires. D’aucuns appelleraient cela de la jalousie. Aliénor vient vers moi tandis que je me relève. La situation est plus que délicate, je ne sais pas quoi lui dire. La dernière fois que je l’ai vue je lui répétais que je l’aimais. Depuis elle m’a envoyé quelques messages mais nos discussions ne furent jamais bien longues.

— Je suis heureuse de voir que tu te portes mieux.

Pourrait-elle dire quelque chose d’encore plus formel ? Devant le blanc laissé entre nous, Sean s’incruste et met l’ambiance, comme à son habitude. Miss42 et lui discutent comme deux bons amis. J’ignorais qu’ils étaient si proches. Miss42 nous racontent les aléas de son stage et Sean fait de même, je suis le seul à ne pas savoir quoi conter, les semaines avec les psychiatres de l’hôpital n’ont rien d’intéressant.

— Quand reprendras-tu le boulot ? me demande brusquement Aliénor. Après les vacances ?

Je ricane malgré moi. Je ne prends pas de vacances, pour moi les vacances c’était les cours en amphi.

— J’y retourne demain.
— Si ta mère est disponible, complète Sean. Elle se tue à la tâche en ton absence, elle essaye de faire revenir ta secrétaire.

Oh ma Jena.

— Et elle a je ne sais pas quel droit sur ta boîte alors elle enchaîne les réunions à ta place. Elle est crevée.
— J’imagine, en plus elle n’y connaît rien, elle était enseignante avant sa retraite.

Ma mère m’épate tous les jours un peu plus.

— Ce n’est pas un peu trop tôt ? insiste ma miss42, tu pourrais en profiter pour changer un peu d’air, partir en voyage, sortir.
— Changer d’appart, ajoute Sean. Un avec jacuzzi de préférence.
— Ma boîte a besoin de moi, dis-je en ignorant Sean. Et je te rappelle que tu m’as largué.
— Je te rappelle que tu m’as menti, me répond Aliénor sur un ton aussi froid que le mien.
— Bon, je vais vous laisser… nous dit Sean. Je vais attendre le livreur dehors et rentrer avec les pizzas. Mes colocs seront ravis.

Aliénor lui dit de ne pas se donner cette peine, elle préfère partir.

— Pourquoi es-tu venue ?
— Parce que je m’inquiétais pour toi.

Ses larmes pointent aux recoins de ses yeux, je ne me rappelais pas qu’elle était pleureuse. Elle tourne les talons mais je lui attrape le bras et la tire vers moi et l’embrasse. Je la sens s’accrocher à moi et intensifier notre baiser, si nos deux corps pouvaient fusionner ils le feraient sans plus attendre. Nous ne sommes qu’un.

— Bye…
Aliénor se détache rapidement.

— Désolée Sean, je ne voulais pas de gêner. Ne pars pas s’il te plaît.
— Je suis plus surpris que gêné, vois-tu, James n’est pas exactement un Don Juan. C’est toujours flippant de savoir qu’il s’est trouvé une copine alors que je suis célibataire.
Merci du compliment mon ami. Aliénor rit et les revoilà partis tous les deux dans une grande discussion. Miss42 ose émettre l’hypothèse d’inviter le reste de la bande, Sean rebondit tout de suite et envoie des messages avant que je n’aie pu émettre la moindre réserve.

— Ne t’inquiète pas, j’ai justifié ton absence par un surplus de travail. Ils ne savent rien.

Une chose est certaine, je n’irai pas au boulot demain matin, Quantum devra survivre quelques heures de plus sans moi.

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Merci d’avoir lu ce chapitre !

Axel.

Immortels tome 1 : publication !

Presque jeune auteur de 30 ans, maman 2.0 de deux petits tigres. A court de temps mais pas d'idées.

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