[G&L] Chapitre 02 : Dignité

Les funérailles sont telles qu’imaginées par mes grand-mères, grandioses, emplies d’émotions et de solennité. Nous sommes à la sortie de l’église, trop petite pour accueillir l’intégralité de la foule venue rendre hommage au vieux duc. Il s’est éteint après une longue maladie qui l’a cloîtré dans le château ces trois dernières années. Lui qui était assez strict sur l’étiquette avait néanmoins décidé que s’il ne pouvait pas sortir et aller entre autres au village, le village allait venir à lui. Ainsi, au grand damne de ses proches il avait ouvert les portes de sa demeure et régulièrement invité ses voisins bien moins nobles. Le château n’avait jamais accueilli autant de prolétaires, bourgeois et petite noblesse que ces dernières années. Aujourd’hui, ces gens, ses amis, venaient le saluer une dernière fois, drapés dans leurs habits de deuil.
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[G&L] Chapitre 01 : Un précieux livre

Par pitié qu’elles arrêtent de hurler ! Parfois je hais vraiment mes soeurs et leurs disputes incessantes. Ce n’est pas comme si elles étaient adultes après tout, non. Ce n’est pas comme si l’aînée travaillait dans un respectable office notarial et allait bientôt monter en grade. Ou que la seconde, Beth, était comptable. Je suis la plus jeune de la famille et pourtant j’ai parfois l’impression d’être la plus mature de la bande. Impossible de lire tranquillement dans ces conditions. Pour autant elles ne se tairont pas alors je me résigne à quitter la maison. J’attrape une veste et descends deux étages, trois niveaux ne sont pas de trop pour tous nous héberger. Ma mère se trouve dans la cuisine, pas pour mijoter un bon petit plat, elle est capable d’inverser sel et sucre, mais elle nettoie ses pinceaux. Depuis que mon frère a quitté la maison, elle s’est mise en tête de transformer son ancienne chambre en bureau. C’est tellement plus utile que de nous permettre, à ma soeur Delina et moi-même, d’avoir chacune une chambre et un peu d’espace. Aujourd’hui c’est donc peinture, elle a essayé de nous recruter mais étonnamment, mille choses urgentes se sont présentées.
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