[James] 15 : frites et sourires

Le contraste est saisissant, poignant même. Le déjeuner avec Anne s’était déroulé dans un lieu branché, fréquenté mais pas bruyant. Nous avions une table garnie, du bon vin et un serveur à proximité. Anne était très souriante, sûre d’elle et joyeuse, encore plus à l’arrivée de Chris. Tandis qu’à présent miss42 et moi sommes face-à-face, au beau milieu d’un self plein à craquer, deux assiettes de frites sur les plateaux, le tout dans un vacarme assourdissant. Miss42 ne dit pas grand-chose et grignote encore moins. Impossible de croire qu’elle partage des gènes avec Anne.
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[James] 13 : L’algorithme du triangle amoureux

Le destin est un ami, un ami qui peut vous planter un couteau dans le dos, et que vous remerciez pour cela. Le déjeuner avec Anne se déroule parfaitement bien. Nous rions, mangeons, et la conversation est pleine de sous-entendus. Elle me fait oublier le monde qui nous entoure, c’est reposant.
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[James] 12 : Anne Grant

Anne a bon goût, le lieu est agréable, moderne, à son image. Avec sa ravissante chevelure couleur châtain et son visage impeccable elle semble tout droit sortie d’une séance photo. Elle me gratifie d’un sourire à tomber par terre et me confirme la présomption de shooting alors qu’elle étale une serviette blanche sur ses genoux dans un geste parfait.
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[James] 11 : Voyage, voyage

J’aurais dû l’embrasser, j’ai totalement laissé passer ma chance. Plus j’y repense et plus cela me paraît évident. J’ai eu toutes les occasions du monde de l’embrasser hier soir. Et pourtant tel un abruti je n’ai rien fait.
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[James] 10 : Bière

L’après-midi fila à une vitesse folle, les thèses sont de longs et fastidieux documents. Leur lecture est très chronophage. En revanche la cryptographie basée sur les courbes elliptiques n’a plus de secrets pour moi, ou très peu. La simple vue des algorithmes a stimulé mon cerveau, j’ai déjà quelques tâches en tête à l’attention des ingénieurs de mes équipes. Si l’on pouvait réussir à combiner cette méthode avec l’existant ce serait parfait.
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[James] 09 : Binaire

Je quitte avec un mélange de regret et de joie ce déjeuner pour le moins surprenant. Anne est une femme très… intéressante. En plus d’avoir un sourire ravageur et plus de cervelle qu’il n’y paraît de premier abord elle m’a fait du pied pendant tout le repas. J’irai même jusqu’à dire qu’elle m’a plus dévoré du regard qu’elle n’a touché à son repas. Dieu que j’avais envie de savoir si elle emballait aussi bien qu’elle souriait.
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[James] 08 : Déjeuner d’affaire ou d’à faire

Nous quittons le boudoir en direction de la salle à manger principale du restaurant. Ces quelques mètres sont une éternité. L’excitation à l’idée de revoir miss 42 plus tôt que prévu est une agréable surprise. Doucement, sans bruit ni violence, son visage s’impose à mon esprit. Ses petits yeux fatigués d’avoir trop bossé sur ses partiels, son sourire plus délicat qu’un bouton de rose. Le goût ferreux du sang se répand dans ma bouche sans que je n’en comprenne d’emblée l’origine. Je me suis mordu la lèvre pour ne pas gémir devant mon hôte. Miss 42 ne s’en va pas pour autant, elle trône dans mes pensées, agite son petit bracelet montre usé jusqu’à la corde, ajuste un pli de sa jupe d’un revers de main. Du regard elle m’invite à faire de même, à glisser ma paume sur le tissu bleu, à sentir la douceur de sa cuisse en dessous et à remonter lentement le long de ses hanches pour en découvrir tous les délices.
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[James] 07 : Accord

Quelle plus grande difficulté que celle de rester digne alors que du whisky s’infiltre dans vos narines ? Le nez est en feu et les larmes montent jusqu’à mes yeux. Cette douleur est des plus atroces. Georges a la politesse de détourner le regard et de patienter quelques instants. Il a délaissé ses enfants pour me parler de son petit-fils que sa fille aînée a eu d’un milliardaire russe avec qui il a failli faire affaire.
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[James] 06 : Whisky

L’ambiance du restaurant est très feutrée, intimiste, telle un fumoir du XIXème siècle. Un maître d’hôtel m’accueille et m’entraîne à travers les couloirs aux sombres boiseries. Il frappe trois coups sur une petite porte aux dorures impeccablement polie puis l’ouvre, avance d’un pas et me cède la place. Mon hôte quitte un large fauteuil en cuir et s’avance la main tendue. Il a la soixantaine et l’air paternaliste que nombre de chefs d’entreprises et politiciens arborent bien volontiers. Son salut est cordial, presque chaleureux mais je ne suis guère touché par ses marques d’affections parentales. Je ne suis pas un petit jeune qu’il prend sous son aile et nous le savons bien. Le rapport de force n’est pas celui que laisse transparaître cette scène.
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[James] 05 : Entretiens

Une bonne odeur de café et pain grillé m’accueille lorsque je pousse la porte de mon petit studio. Sean est debout, métamorphosé. Il porte un complet gris anthracite impeccablement taillé, à la fibre irréprochable. Il a dompté sa chevelure rousse et il semblerait même qu’il ait taillé sa barbe. Fier de lui, une tasse de café à la main, il s’écarte de mon bar puis écarte les bras et tourne sur lui-même afin que je puisse admirer son allure.
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[James] 04 : Jeux de dupes

La pouf garde miss 42 tournée vers elle, de sorte qu’aucune de trois ne m’adresse plus la parole de tout le cours. Exception faite de la pouf qui me targue d’un « Te savoir constamment les yeux rivés sur nous est assez dérangeant, tu ne voudrais pas aller voir ailleurs si nous y sommes ? ». Non je n’en ai pas envie. Qui plus est le cours commence et j’aimerais bien le suivre. Ces options facultatives me sont très chères. Elles me bouffent temps et énergie mais elles en valent la peine.
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[James] 03 : Amphithéâtre

Une sonnerie de portable me tire hors d’un bon sommeil réparateur, enfin « bon sommeil réparateur » de… trente-huit minutes exactement. Mon Mac est encore sur mes genoux, je suis assis par terre, dos à ma froide baie vitrée, seule ouverture sur l’extérieur de mon petit studio. Le dos trempé par la buée du vitrage je grelotte. J’étais vraiment exténué pour m’endormir dans cette position. Je passe une main sur mon visage pour m’éclaircir les idées, mes yeux n’ont pas encore fait la mise au point. Les picotements ressentis par ma paume me rappellent que je n’ai pas rasé ma barbe depuis trois jours. Je m’en moque, elle ne me dérange pas.
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[James] 02 : Dix ans plus tôt

— A toutes les Martha Rooth du monde ! Puissent les MST leur pourrir les entrailles !

 

Nous levons nos verres en chœur et trinquons à cette garce qui, du haut de ses talons aiguilles s’est permise de me laisser lui payer trois verres et de me chauffer avant de me dire que je n’étais pas assez bien pour elle. Il est deux heures du matin et je tiens le record de râteaux de la soirée avec quatre refus. C’est officiel je n’attire pas les femmes. Sean me talonne de près avec trois refus et un cocktail en pleine figure. Lui qui avait commencé la soirée en nous affirmant que sa chevelure rousse ferait fureur et que pas moins de deux femmes finiraient dans son lit, ou ailleurs. Non seulement sa coiffure démodée depuis les années 1700 ne l’aida pas mais sa barbe digne des guerriers vikings fit fuir toute chance de succès. Je lui avais pourtant dit de la raser.
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[James] 01 : Rencontre [/!\ chapitre classé M]

Ce premier chapitre est classé mature et donc déconseillé aux plus jeunes. Mais c’est le seul, vous pouvez passer directement au chapitre 2.


Trois petits coups frappés avec légèreté brisent le silence qui faisait loi dans l’immense bureau. La double porte s’ouvre et laisse entrer deux femmes. L’une d’elles n’est autre que la secrétaire, drapée dans un entrelacs de tissus noirs et blancs. Elle ne quitte jamais ces couleurs qui l’enserrent dans un cocon protecteur, loin des répliques déplacées de ses collègues masculins. Jena approche de la cinquantaine, la blancheur de ses cheveux accentue les rides aux coins de ses yeux. Elle contraste avec le décor ambiant. L’entreprise fourmille de loups tous plus jeunes les uns que les autres. Certains ont à peine atteint la majorité. Tous ne demandent qu’à travailler et gagner en responsabilités, quitte à bouffer les autres. Cette concurrence les pousse à l’excellence mais elle est également la raison qui m’a poussé à choisir Jena. Avec son calme, son sang-froid et son expérience elle domine sans conteste les autres et crée une barrière infranchissable à l’entrée de mon bureau.
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