Nox5. Ligue clandestine

La nuit s’acheva et il en fut de même pour le service de la Chimère. Aitsuki et Rufus remontèrent les chaises sur les tables en silence. Chacun avait des informations à demander à l’autre mais la jeune femme était en colère contre le vieil homme et refusait donc de lui adresser la parole. Son comportement paternel mais surtout machiste au possible avait laissé un goût amer à la jeune femme. Ce bien qu’elle sache pertinemment qu’il lui avait probablement sauvé la vie. Pour sa part Rufus ne comprenait ni le fait qu’elle ne l’ait pas sollicité de suite, ni qu’elle lui tienne rigueur pour l’avoir aidée. Elle s’était mise dans un sacré pétrin avec Nox et ne le réalisait même pas.
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Nox4. Œil de fer

Les avait-il réellement assassinés ? Aitsuki essaya de sonder le visage de son client afin d’y détecter la vérité mais elle ne rencontra que le sourire goguenard que Nox affichait fièrement.

  • Je ne t’ai jamais ordonné de les tuer, murmura-t-elle tout bas afin que lui seul l’entende.
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Nox3. Herbe ou Herbes ?

De l’air, il lui fallait à tout prix de l’air. La cagoule noire autour de sa tête l’empêchait non seulement de voir autour d’elle amis aussi de respirer. Aitsuki suffoquait et crut son heure venue. La journée avait pourtant bien débuté. La jeune femme s’était levée alors que le soleil atteignait son zénith et baignait Théa dans un océan d’or brûlant. Rien de particulier dans la Chimère, le bar avait fermé sans souci le matin même et Rufus avait achevé les dernières tâches seul. Tout était parfaitement normal lorsqu’elle était partie faire quelques courses. Et pourtant, alors qu’elle sortait d’une petite mercerie où elle avait acheté deux malheureux boutons afin de parfaire une tunique pour le moins banale, le trou noir. Une cagoule s’abattit sur elle et Aitsuki sentit deux mains l’empoigner sans ménagement. Elle voulut hurler mais son esprit ne fonctionnait plus, la dernière chose dont elle se souvint avant de perdre connaissance fut cette odeur amère imprégnée dans le tissu épais.
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Nox2. Fiat Lux

La chimère était décidément un endroit étrange. Aitsuki y vivait depuis quelques jours et avait déjà repéré quelques comportements douteux de la part des clients. Enfin, plus douteux que les autres. L’un des habitués de la Chimère s’asseyait chaque jour à la même table, dans un recoin. Il avait toujours le même gros sac de toile qu’il gardait précieusement près de lui et son large manteau de cuir. Il ne l’ôtait jamais et pourtant il faisait chaud dans l’auberge. La jeune femme lui apportait souvent ses boissons mais jamais elle ne l’avait entendu prononcer un mot. Chaque nuit, des clients s’approchaient de lui quelques instants puis repartaient aussitôt. Aitsuki avait bien tenté de découvrir ce qu’il se passait mais Rufus l’avait violemment rappelée à l’ordre.
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Nox1. La Chimère

La règle était bien connue de tous les pensionnaires : le jour de la majorité, dehors. Par conséquent, il n’était pas rare que l’on retrouve un adolescent pendu dans sa chambre à quelques jours de la date fatidique. Aitsuki avait seize ans aujourd’hui  et se trouvait taraudée par mille et une peurs. Le monde hors de l’orphelinat civil était plus qu’effrayant, il était hostile pour les sans-clans comme elle. Assise dans un recoin de la salle de jeux, la jeune femme observait tous les enfants autour d’elle mais elle n’en voyait aucun. Son esprit était perdu, bien loin de l’endroit où son corps se trouvait. Elle pensait et repensait à Duke qui aurait été majeur ce jour s’il ne s’était pas donné la mort dans la nuit. Ils s’étaient pourtant promis de braver le monde ensemble. Pourtant, elle n’arrivait pas à lui en vouloir : Théa, la cité dans laquelle se trouvait l’orphelinat, était une forteresse guerrière dissimulée au cœur du désert. Leur société toute entière tournait autour des mages-guerriers qui faisaient la réputation et la splendeur de la ville. L’armée était la seule voie honorable pour tout individu vivant à Théa. Par rayonnement les familles de guerriers étaient importantes, plus le lien de parenté avec un mage-guerrier est lointain, moins la personne est importante. Alors que dire des orphelins civils dont aucun parent proche n’était soldat ?
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